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VERSION INTRO ET VOCABULAIRE
J’ai croisé des écrits de théoriciens politiques qui tenaient à « tout réparer » et ne l’ont presque jamais réussi. Pourquoi ?
En tant que mécanicien honnête face à une machine tombée en panne à répétition depuis des millénaires, la première question à te demander ne serait pas « Comment la réparer ? » Après tout, c’est ce que mille précurseurs se sont demandé et à quoi ils ont répondu de leur mieux possible, tous pour rien. Sinon l’on ne serait pas là à entreprendre ce dépannage pour la millième fois ; cette controverse aurait déjà été résolue.
Non, les questions à demander doivent être :
· Pourquoi la machine s'est-elle cassée ?
· Comment s'est-elle cassée ?
· Qui l’a cassée ?
Par exemple : si elle s’est cassée parce que des forces y ont été appliquées au-delà de sa capacité de les supporter au cours de son opération normale ; alors peu importe le nombre de pièces que tu remplacerais, la machine pètera de nouveau sinon là où elle aurait cassé avant, à un autre joint faible. Si elle s’est cassée parce que ceux qui auraient dû la maintenir l’ont maltraitée au lieu ; encore, peu importe les pièces de remplacement. Si utilisée pour des buts autres que ceux prévus ; encore une fois, n’importe.
En répondant précisément à ces trois questions, tu pourrais trouver une nouvelle réparation imprévue qui durera ; sinon jamais. Tu devras y répondre à ton entière satisfaction avant de pouvoir répondre à celle dernière : « Comment la réparer ? »
En dépit de milliers d'années de babillages de la part d’améliorateurs réductionnistes, (comme Machiavel, Marx et ton progressiste du coin) sur le thème « Comment réparer » le gouvernement ; Apprentis préconisent de demander ces trois questions primaires et d’y répondre – délibérément et tout d’abord – dans l'espoir que ses lecteurs imiteront son exemple et fourniront meilleure besogne. Ensuite sera-t-on peut-être en mesure de le « réparer » ce gouvernement, une fois pour toutes.
J’ai commandé sur l’Internet une copie gratuite de la bible en français (www.bibles.ch.) Comme le Qran dans la culture musulmane et les Védas chez les hindous, elle doit offrir une source généreuse de style et d’inspiration pour les cultures l’adoptant. Sans l’avoir lu en français, (ni le Coran dans son arabe qu’on me dit des plus purs, hélas, ni la vie de Bouddha en pali, ni la Gîta en sanscrit, ni …) il m’a semblé que mon français tristement rouillé pourrait en bénéficier. Quoique je doive admettre que je n’ai jamais pu trouver une version de la bible en français (même celle de Sacy) aussi musicale que le King James en anglais.
Selon J.G. Ballard, tant que nous saisirons combien moins nous sachons comparé à ce que nous ne sachons pas – et pourrons humer l’ail mijoter – tout ira bien.
Mon humble sommaire du Coran se trouve à la fin du chapitre d’Apprentis sur la satyâgraha : une consonance opportune des meilleures croyances religieuses, selon moi. Dieu, c’est Dieu ; nulle importance le nom qu’on Lui prête.
Ma requête reçut cette réponse.
« Qu'avez-vous eu l'intention d'écrire ??? »
Je leur ai répondu à peu près comme ceci :
Il m'est difficile de tisser le tapis d’accueil d’APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix. Tant d’idées en tant peu de mots ! Du reste, il est presque achevé, mon texte en anglais. Je ne le traduis qu’afin d'aiguiser ses raisonnements et rattraper mes camarades francophones qui ne lisent pas l’anglais. Qu’ils me pardonnent mon mauvais français et saisissent mon intention nonobstant.
J'entrevois un nouveau monde bientôt pourvu :
· D’une mairie mondiale, dûment élue, avec son énorme conseil administratif d’autant dûment élu au ras des pâquerettes (nota mes italiques : aucune demande d’emploi pour des tyrans ; ce sera notre responsabilité collective et plaisir particulier de les remplacer par des chefs tribaux dignes) ;
· D’une magistrature vigilante et altruiste, contrôlée de fond en comble par des jurys choisis de façon aléatoire ; et
· D’une force de police d’efficacité et de professionnalisme superbes : les meilleurs guerriers sur terre triés au volet pour garantir la paix.
Elles gouverneraient, à elles toutes seules, le monde entier, comme sont gouvernées nos meilleures villes.
Ces jours-ci, cette planète ressemble plutôt à Mogadiscio lors d’une mauvaise journée :
· deux cents chefs de bande égoïstes et cruels ;
· deux cents conseils d’anciens décrépits se chamaillant comme des enfants gâtés ; et
· deux cents coins de rue, chacun pourvu de sa bande d'enfants terribles menée par des meurtriers décrépits jouant à la hargne sanglante aux AK-47, M-16 et pire.
L’Occident actuel : l'Amérique, l'Europe, le Japon… C'est compris ? C’est un peu comme le Boulevard des Ambassades à Mogadiscio : occupant des quartiers les moins misérables, les moins détruits et les mieux armés d'une ville en ruines. Je ne connais pas Mogadiscio et pourrai donc me tromper quant à son meilleur quartier. Mon exemple demeure valide.
Moi, je ne suis qu’un pantouflard avide et lâche (donc aucune réclame de sainteté par ici !) Ma seule intention dans Apprentis est d’inciter un monde plus vivable dans lequel cet auteur (et chacun) pourrait réincarner. Aucun moyen de prévoir l’évolution du monde en son absence, mais celui paisible semblerait offrir une voie préférable.
Ainsi, par pur égocentrisme, je préférerai habiter pépère Seattle, Paris ou Genève, (nomme ta ville favorite) même pauvre, que tenter quelque survie désespérée en tant que millionnaire à Mogadiscio ou Groznyï. Que ce soit ma ville ou ma planète : ma vie et celle des bébés iraient mieux en habitant Genève, qu’esquivant la mitraille des passages de Mogadiscio. Cela me semble incontestable.
Je me fiche pas mal de ces grands messieurs lisses et bien acérés qui friment sur le Boulevard des Ambassades, ces apaches des grandes écoles qui parviennent à cribler et affamer des enfants par millions puis s’en tournent le dos : ils me rendent malade. Tout comme les derniers dirigeants de l'Allemagne de l'Est, uniformément sans valeur. Des meilleurs gérants, des brillants, résident ailleurs ; on n’a qu’à les identifier et leur accorder plein pouvoir en toute honnêteté, aussi diagnostiquer et interdire les pires.
En clair, j'ai l'intention de transformer cette planète Mogadiscio en celle Genève. Pour y parvenir, j’aurai besoin de ta coopération et celle de millions d’autres Apprentis (à vrai dire, d’environ sept millions : un Apprenti pour chaque millier de gens sur terre, voici qui pourrait réussir l’affaire. Bien sûr, plus on sera de fous…)
Imagine les prodiges que des générations d’enfants mieux formés pourraient accomplir ! Toutes les rues reluiraient de propreté bien sécurisée ; tous les parcs, bien entretenus et accueillants ; tout l’art ; ah, l’art ! Et les découvertes scientifiques !
Mogadiscio pourrait devenir ce qu’elle se serait toujours censée d’être : capitale de commerce régionale, de piété et d’Apprentissage ; jardin subtropical fameux pour ses parcs impériaux et son port prospère et cosmopolite ; bonne attraction touristique ; centre d’abondance et de sagesse : là où plus jamais l’appelle aux prières ne serait interrompu par la disgrâce des tirs.
Et l’Occident ? Le Boulevard des Ambassades sur la planète Mogadiscio lors d’une mauvaise journée ? Il se transformerait en ce même quartier sur la planète Genève – seulement super luxueux. La marée montante hausserait toutes les barques ensemble : aussi bien les yachts que les canots.
Quoique Mengzi, mon philosophe chinois favori parmi ceux mémorés, prescrit que la poursuite de l’humanité et du devoir serait plus sage que celle d’un simple profit de potentiel destructif. L’humanité, le devoir et l’Apprentissage : ceux-là nous assureraient une abondance plus certaine.
Après tout, quelles sont nos orientations actuelles ? Pourrait-on profiter de la terre en armes en la perfectionnant ? Opportunisme criminel. Le monde en paix pourrait-il escamoter nos revenus sans nous en procurer davantage, sinon serait-ce trop difficile et risqué ? Dénie lâche et cruelle. La paix au monde n’arrivera-t-elle qu’avec l’émergence de l’humanité version 2.0 : d’autant parfaite pour elle que la nôtre ne l’est pas ? Raisonnement circulaire afin d’esquiver ses responsabilités. Constate sans merci nos tendances communes, comme un clochard tamiserait sa petite monnaie sous un crépuscule bruineux.
Bien sûr, on aura bien besoin d'autres choses :
· un étai de religions paisibles s’embrassant passionnément. Serais-tu un fanatique prêchant l’exclusion et la brutalité au nom de Dieu ? À la porte!
· une milice mondiale sur le plan suisse, qui permettrait à chacun de défendre sa maison, sa localité et sa patrie contre tout Agresseur. Elle mettrait fin au crime armé et à l’agression organisée dans toutes les communautés s’en enregistrant ;
· un numéro de téléphone : 100-mes-droits en directe à la cour du monde, pour investiguer chaque crime de haine et de conspiration tyrannique et arrêter chaque criminel des droits humains à son étape de conspiration… Surtout si une milice locale se rendait en canon délié ;
· une agora mondiale de politiques d’info et d'Apprentissage opérant aux ras des pâquerettes, de loin plus délicate et opportune que notre bricolage accoutumé, bien coordonnée à l’ordinateur et aussi fiable que de l’eau municipale ;
· au moins une agrégation supérieure pour chaque enfant dès la puberté : comme on rend honneur aux musiciens prodiges aujourd’hui. Chaque enfant serait prodige en au moins un sujet de son choix pourvu que l’on encourageait la gamme de ses intérêts au lieu de les écraser ;
· l’élevage d’enfants deviendrait une obligation sacrée. De même, la purification rituelle de l’eau en la filtrant à travers un amas biologique sinon quelque autre technologie « miraculeuse. » Il y en aurait beaucoup d’autres, avec tant d’Apprentis en poursuite de leur passion dans l’Agora mondiale …
· un service garanti de santé publique pourvoyant assez de nourriture, vêtements, abris et soins pour tous. Simplement parce que. Comme je dirai plus tard : une charité pratique. On partagerait ici la richesse de Genève au lieu de la pénurie de Mogadiscio―tous deux aux échelons planétaires. De quoi satisfaire les besoins de tous, avec mille fois plus laissé pour compte…
· des services gratuits de médiation et d’arbitrage par dévots sinon laïcs, disponibles depuis des devantures de magasin pour chaque paire détenant rancune ou conflit. Nul désaccord civil n'irait devant un jury avant d’avoir été adjugé de cette façon ;
· l’accroissement des biomes d’apogée dans toutes les niches biologiques disponibles ; et
· exploration et exploitation au sérieux de l’espace.
Tu sais, tout ce en faveur duquel nous émettons des grands bruits ronflants mais sabotons soigneusement en faveur de nos technologies d’armes ? Note, je te prie : « Nos technologies d’armes, notre responsabilité »—n’appartenant à personne d’autre. Si nous acceptions de jouer ce rôle de façon honnête, avec toutes nos forces et celles de Dieu, ce semblerait un peu plus admissible que celui fatal que nous poursuivons de nos jours, tenant des autres responsables pour nos péchés.
En ce faisant, nous menons vie de misère : manquant de civilité, charité pratique, vraie foi, éducation authentique, art éminent, biome d’apogée, bon goût et sécurité fiable—écorchant vive, en effet, notre conscience particulière et collective. On écorche la terre à nue quand on pourrait cultiver Éden.
Remettons-nous à dorloter une nouvelle conscience morale de sorte qu'elle se porte mieux.
Le pire dans tout ça, c’est que notre culture rend honneur à la mentalité d’armes plutôt qu’à celle paisible. La plupart de nos habitudes collectives devraient rendre honneur à la paix au lieu de répéter seulement le nécessaire pour endurer Mogadiscio lors d’une mauvaise journée. Cet honneur intégral que nous rendrions à la paix serait préférable dans toutes sortes de sens que nous refusons d’admettre. On est fatalement craintif de la paix.
Moi, j’impatiente de démarrer le projet de paix mondiale qu’on craint le plus.
Nous nous soumettons plus ou moins consciemment à cette indigne bêtise en série parce que nos sociétés ont évolué de façon darwinienne à craindre la paix autant que le choléra : tous deux fatals pour une communauté primitive et tous deux bannis.
Notre culture nous entraîne de façon hypnotique et continue depuis l’enfance à esquiver la paix et le saint esprit autant que des ordures. Des collectivités et philosophes particuliers qui ont omis d'entraîner leurs enfants ainsi – à la recherche au lieu d'une paix honnête, d’authentique sainteté et de mérite valide – ont eu la gorge tranchée aux mains d’autres collectivités plus militantes tant chez eux qu’outre-mer.
Nous sommes les pires démons d'armes, et nos communautés, les pires technologies d'armes qu'ont su produire cinq (?) mille ans de sélection darwinienne. Te souviens-tu des orcs dans la fantaisie de Tolkien ? Ah ! Les orcs dans la vie réelle, c'est nous : les soi-disant amateurs de paix qui ne parviennent jamais à l'établir.
Notre culture actuelle n’est bonne qu’à optimiser cette formule de menace :
Meurtres militaires x (distance/temps) **2
L'omnicide nucléaire, biologique et peut-être même météorologique : voici notre ultime accomplissement culturel et destin inévitable, faute de nous transformer radicalement à tous les échelons : sociaux, individuels et spirituels. Sinon voici tout auquel nous serions bons et toute notre destinée en fin de compte.
Humanité = 0, Omnicide = -1.
Quel bilan abominable pour cette espèce humaine si étroitement cultivée, si sagement endurcie et nourrie si parfaitement. Nous perchons sur une planète bleu turquoise qui répond parfaitement à nos besoins, (bien que non nécessairement notre planète d'origine, puisque leur cycle vital n’a jamais été de 24 heures en bon confort pour la plupart) sous une grande noirceur cloutée d’étoiles en diamants solitaires qui voile encore plus d’abondance.
Allons, Apprentis ! On peut faire mieux que ça !
Pour la première fois dans l’histoire, nous disposons de tous les requis pour la paix au monde : communications globales, reconnaissance mutuel et soif universelle de paix. Pour la première fois, l’humanité serait capable (sinon encore désireuse) de reconnaître l’Autre comme un égal digne. On pourrait tous se mettre à la même page. Jusqu’à présent manquions-nous de tels dispositifs vitaux en commun. À l’heure actuelle, nous ne nécessitons que le consensus, la résolution, la foi et le cran. En aurions-nous assez ?
En avons-nous eu assez ?
Constate, en haut de ma liste, l’adoption de nouvelles religions paisibles. Je crois que le christianisme comme couramment conçu est fondé sur les armes et donc défectueux en tant que religion paisible. De même pour les autres religions d’armes : chacune ayant besoin d’un modèle plus bénin pour se rendre honnêtement paisible. Je te le demande : quel meilleur modèle que le Christ ?
Jésus remarqua souvent le manque (sinon le non-vouloir) de compréhension de la part de ses disciples. Nos cultes chrétiens dépendent des propos de l’apôtre Paul, de Jean du livre de révélation et de St Augustin. D’une manière ou d’une autre, la parole directe de Jésus se dépérit en arrière plan : décorative mais annulée. On écoute qu’aux avis d’hommes et non de la Voix de Dieu. Ce que chacun devrait adorer en foi pure, presque personne ne peut blairer, tant cela a été pourri. Voici une évidente lacune de foi, aux Apprentis de combler.
L’instruction de Jésus fut délibérément pourrie, des persécutions romaines au concile de Nicée et à la destruction des Cathares. Ce concile gomma toute indication de réincarnation dans la bible. Un putsch continu de réactionnaires d’armes prit possession de toutes les croyances dites chrétiennes ainsi qu’à celles restantes, pour les mêmes raisons sottes mais inévitables décrites ci-dessus.
Ma croyance est que Jésus nous a enseigné de bien vivre et mourir une dernière fois en tant que poupées paumées charnelles. Chercher à renaître en Lui (de façon littérale.) Se réincarner dans Sa vie parfaite et la vivre intégralement. Y apprendre exactement le falloir dans notre vie pour être sauvé. Souffrir de la deuxième mort en prenant Sa Croix et entrer de suite au paradis avec Lui, (bien que Sa miséricorde puisse nous épargner Son ultime supplice.)
Va lire Ses propos et rends-t’en compte.
Sinon doit-on se condamner à une éternité de réincarnations sans but, d’abstractions rotatoires, de rituels frivoles, péchées vides et morts futiles―à part celle qu'Il nous enseigna en attendant d’obéir à Ses instructions simples et claires.
Prends l’inventaire de ta vie et constate s’en pour toi-même.
Toutes les religions – soit d'origine chrétienne, bouddhique, musulmane, védique, athée, déiste, païenne ou autre – sont pareillement bonnes pourvu qu’elles nous permettent une meilleure vie sans se fâcher si nous élisions de commettre nos âmes dans la vie de Jésus, après le trépas, notre conscience morale un peu moins flagellée de remords. Dès lors, on serait parfaitement libre de Le choisir pour la première fois après des vies tellement nombreuses, Lui et Son passage au ciel.
Soit les circonstances, je te défi de trouver un autre choix de liberté pour autant miraculeuse, divine et parfaite. Sûrement pas parmi les prescriptions officieuses et esclavagistes d’hommes singes moindres, coincés sur cette terre en armes : « Faites-moi ci, faites-moi ça ; sinon soyez-en damnés. Permettez-nous entre-temps de vous faire descendre, vous et votre progéniture plongée dans les ténèbres, faute de consentir d’aller assassiner ceux là-bas et les leurs. »
Tout sermonneur d'armes prêchant en frayeur mensonge, brutalité, exclusion, compulsion, trahison et damnation par notre Dieu d’amour infinie, cette créature perfectionne la mentalité suicidaire d'armes dépourvue de foi, d’amour et de Dieu. Que Dieu lui pardonne et que je trouve moyen de singer Sa miséricorde !
Au lieu pourrait-on jouir de temples éternels de paix. Notre Seigneur dispose d’assez de miséricorde pour chaque âme, avec surplus. Je cherche à déterrer cette apocatastase, cet universalisme. Les saints nécessaires sont désœuvrés tout autour de nous.
Absente telle foi – nul espoir réel – aucun gouvernement valide – nulle paix authentique.
Or, sache ceci. Nous pouvons tous nous sauver l’âme : toi, moi, quelque Hitler contemporain, quiconque. Ainsi endurcis et ne craignant plus rien sur terre, nous devons effectuer notre devoir ; ainsi cuirassés, réaliser la paix au monde.
Ce sommaire va déranger beaucoup de monde, surtout parmi ceux trop bien formés comme enfants à craindre la paix mondiale et la bloquer en tant qu’adultes. Il enragera encore plus qui ont pris l'habitude d'avoir leur pourriture guerroyante certifiée sans opposition. Il froissera dur l’ego gras de ceux qui se prétendent avoir soif pour la paix—dès que les restants auront atteint leur crête magistrale de puritanisme pacifiste. Il confondra ceux trop nombreux qui ont mémorisé en bons élèves leurs leçons désavouant la paix et qui se les répètent comme des perroquets.
Ce texte est révolutionnaire radical et antithétique à l’orthodoxie, comme moi. Selon Apprentis, le plus patriotique et estimable des nationalistes n’est rien de plus qu’un arriviste Crip ou Blood (voyou bien organisé) qui revendique sa supériorité en signalant comme un sot ses gestes de bande : selon le point de vue d’un être civilisé, un déviant dangereux. Le pacifiste dévoué – s’il se croit le pratiquant d’une moralité supérieure à celle d’un type moyen – n’atteindra aucun meilleur but (puisqu’il se ment, ce pacifiste—le guerrier moyen est au moins un monstre honnête.) Les Apprentis doivent s’attendre à de l’opposition féroce depuis tous les azimuts philosophiques.
Afin d'aboutir dans la paix, nous devons comprendre combien nous en sommes craintifs, combien aversives en sont nos institutions et combien dévouées à la bafouer sont toutes nos modes courantes de penser et d’agir ; que l’on s’appelle guerrier ou amant de la paix ; soit vieux ou jeune, riche ou pauvre, ignorant ou érudit, preux ou pas ; que nos institutions nous paressent bénignes et sacrées sinon simplement médiocres sinon infernales. Chaque institution, chaque cliché coutumier, chaque point d’appui culturel devra être pris d’assaut frontal et nettoyé au corps à corps dans ce Stalingrad intellectuel ; rien ni personne n’en demeurera intouché.
À quoi ressemblera le monde en paix une fois que la fumée s’en dissipe ? Il exaltera notre Dieu d'amour qui le récompensera de miracles au lieu d'exécrer la terre en armes et lui permettre de subsister par indulgence pour nos erreurs impardonnables. Nous nous y rendrons en vrais serviteurs de Dieu : assoiffés, souls et combles de la paix de Dieu ; nous occupant sagement de chaque enfant ; cultivant tranquillement le terreau d’Éden et nous élançant aux étoiles. Justice, compassion, paix. Tu pourrais laisser ta porte déverrouillée en toute tranquillité.
Penses-y.
Et si nous cessions de craindre la paix ? La comprenions au lieu ? L’enseignions à chaque enfant en sincérité pure : vénérer la paix et la soutenir de toutes nos forces, parole d’honneur, pour toujours ?
Une fois les Apprentis rassemblés, les astres eux-mêmes nous viendront en aide.
Voici le sommaire d’Apprentis.
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APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix