En ne t’aimant point

 

 

Bon Dieu, qu’on est légion !

 

Tant de temps sur les mains,

 

Mais pas assez pour entamer le bien.

 

Bossant dur à ne rien faire d’important.

 

 

Nos têtes spacieuses entoilées,

 

Mansardes truffées par des maîtresses d’école

 

De bric-à-brac sentant le moisi, tendrement gardé,

 

Et fort peu autrement.

 

 

Rien de mieux à contempler

 

Que des vieux mensonges et des malédictions vides,

 

Qu’archives mises à feu et du sang sous le pont.

 

 

Rien de mieux à offrir.

 

Rien de neuf d’aucune importance.

 

Rien de mieux en offrande.

 

 

Imagine combien rassis ça nous rend :

 

Sans rien de mieux à offrir

 

Et niant ce qui serait meilleur ?

 

 

Quoiqu’enthousiastes à critiquer

 

Ce qu’aucun ne prend la peine de lire ?

 

Jamais assez de temps et d’énergie disponible,

 

Confiés au lieu aux addictions à la camelote.

 

Comme des fourmis récurant une poubelle.

 

 

L’orthodoxie s’écœure à dépérir,

 

Nous éteint plus ou moins posément,

 

Nous, assis sur nos mains, souriant stupides

 

Pleins la bouche du plus souvent ouï.

 

 

Confondant la simple ritournelle avec la vérité,

 

Prétendant que folie réitérée rend sagesse,

 

Négociant l’alchimie de la merde en or,

 

Invoquant des vieux singes en soies brodées d’or

 

Pour rendre l’erreur inviolable et sacrée.

 

 

Le plus de vous par là-bas,

 

Et le plus vivement que vous me huez,

 

Les plus sages mes propos.

 

 

Quoi que soit de si dédaigné doit être correct,

 

Tout tant bien admis, du poison garanti.

 

Plus de rêves, que l’avidité.

 

Plus d’héroïsme, seulement des cauchemars.

 

Plus aucun soin, seul l’ego gras.

 

 

Deux sur dix des votants favorisaient Nixon, Bush

 

Même après qu’ils furent exposés.

 

Vingt pour-cent des votants

 

Indignes en permanence du vote.

 

 

 

Quelle machinerie concevable pourrait bien marcher

 

Avec un élément cassé sur cinq ?

 

Sauf qu’elle fut vingt-cinq fois redondante,

 

Endormie au volant par ses garanties ?

 

Quand la nécessité serait de réflexion à cran d’arrêt,

 

Aussi leste qu’elle serait élégante ?

 

 

Je ne puis pénétrer cette disparité

 

Entre ce qui devrait être et ce qui est.

 

Incapable de bien résoudre cette devinette

 

Sans toi et ton inspiration.

 

Je ne réfléchis bien que des propos d’un autre.

 

Ton insulte, tombant des cieux, m’a confondu

 

Et j’ai rétorqué dans un vide de pensée.

 

 

L’injure m’honore, ce que je dois retenir,

 

Que la haine est une citation pour vérisme,

 

L’assassin, le héraut d’honneur de cette planète,

 

La Croix, le don de cette race à son Sauveur.

 

On ne torture pas pour se renseigner,

 

Mais parce qu’on l’aime faire.

 

 

Va s’y, siffle ton caquet de psychanalyste,

 

Va deviner ce qui m’a rendu assez dingue

 

Pour cracher sur la médiocrité que tu prises tant.

 

La psychanalyse : dernier refuge des médiocres.

 

 

La formule paranoïde doit refléter la lâcheté de certains,

 

Celle de dément, la folie de fantaisies majoritaires.

 

Ta quête de mes faiblesses te garde des tiennes.

 

 

Nous sommes devenus si malins et sournois,

 

Comme des scorpions en bocal,

 

Enterrés vifs dans notre manque d’imagination.

 

 

Insulte-moi, va s’y donc !

 

Moi, au moins, j’essaye toujours.

 

Tu as cessé avant de l’entamer

 

Et mérites en piques ce que tu viens de me dire.

 

 

Halte-là, rien de cela n’est correct.

 

Ma pensée se ravive et s’impose, mais

 

Trop tard pour n’avoir contre frappé.

 

 

J’ai ressenti ton acide me brûler les boyaux,

 

Flamboyer mon eurêka en cendres caustiques,

 

Me grignoter dans ma prochaine tombe croulante.

 

 

Ainsi ai-je permis à notre rancune de fleurir,

 

Nos rêves n’aboutir à rien,

 

Notre sagesse, rouiller,

 

Si tendrement recueillie, rompue au lieu,

 

En ne t’estimant point pour ton défi.

 

Comme j’estime le mien.

 

 

Une leçon pour nous deux…

 

 

By Not Loving You

 

 

Good God, aren’t we legion!

 

So much time on hand,

 

But not enough to do good.

 

Hard at work doing nothing important.

 

 

Our spacious heads cobwebbed,

 

Attics school-marm stuffed

 

With musty, loving-tended junk,

 

And not much otherwise.

 

 

Nothing much better to look out upon

 

Than hoary old lies and empty curses,

 

Burned archives and blood under the bridge.

 

 

Nothing better to offer.

 

Nothing new of any significance.

 

Nothing better on offer.

 

 

Imagine how stale that makes us,

 

With nothing better to offer

 

And snubbing that which could be better?

 

 

Yet more than willing to criticize

 

That which no one bothers to read?

 

Never enough time or energy to spare,

 

Hoarded instead for addictions to trash.

 

Like ants scouring a garbage can.

 

 

Orthodoxy is runaway sickening,

 

Kills us more or less leisurely,

 

We, sitting on our hands, smiling stupidly,

 

Mouthing the most often heard.

 

 

Mistaking mere repetition for truth.

 

Thinking folly oft-repeated brings wisdom,

 

Peddling the alchemy of shit into gold,

 

Invoking old apes in gold-embroidered silks,

 

To make error sacred and untouchable.

 

 

The more of you out there,

 

And the louder you yell me down,

 

The wiser my words.

 

 

Anything so unwelcome must be correct;

 

Everything so welcome, obvious poison.

 

No more dreams, only craving.

 

No more heroism, only nightmares.

 

No more concerns, only fat ego.

 

 

Two out of ten voters preferred Nixon, Bush

 

Even after they were exposed.

 

Twenty percent of the voters

 

Forever unworthy of the vote. 

(http://www.nyu.edu/its/statistics/Docs/scandals.html)

 

 

What possible machinery could work dependably

 

With one element broken out of five?

 

Except it were twenty-five times redundant,

 

Asleep at the wheel from its own safeguards?

 

When there would need to be switch-blade thinking,

 

As nimble as it would be elegant?

 

 

I cannot fathom this disparity

 

Between what should be and what is.

 

Unable to solve this puzzle suitably

 

Without you and your inspiration.

 

My best reflection is from the word of another.

 

Your insult, out of the blue, dumbfounded me

 

And I lashed out in a vacuum of thought.

 

 

Invective honors me, so I must recall,

 

That loathing is a badge of truth,

 

The assassin, this planet’s herald of honor,

 

The Cross, this race’s gift to its Savior.

 

We don’t torture for information,

 

But because we love to do it.

 

 

Go ahead, whistle up your psychobabble,

 

Go guess what drove me nuts enough

 

To spit on the mediocrity you revere so much.

 

Psycho-analysis is the last refuge of the second-rate.

 

 

The label paranoid must reflect somebody’s cowardice,

 

The designation crazy, the folly of majority fantasies.

 

Your quest for my weakness shields your from your own.

 

 

We’ve become so cunning and crafty,

 

Like bottled scorpions,

 

Buried alive in our failed imagination.

 

 

Go ahead, insult me!

 

Me, at least, I’m still trying.

 

You gave up before you started

 

And deserve in spades what you just told me.

 

 

Stop.  None of this is correct.

 

My thoughts revive and intrude, but

 

Too late not to have struck back.

 

 

I felt your acid burn my guts,

 

Flare my eureka into caustic ash,

 

Nibble me into my next crumbling grave.

 

 

Thus did I let our grudge blossom,

 

Our dreams come to naught,

 

Our wisdom tarnish,

 

So tenderly gathered, busted instead,

 

By not loving you for your defiance.

 

As I esteem my own.

 

 

A lesson for us both …

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