- Viens-moi, Euréka ! -

 

Viens-moi, Euréka !

Faisons l’amour au point que ta luminance ne m’aveugle,

Et que cette veine inopinée de répétition musclée

Se rende en pyrotechnies aux rires bas de l'acuité.

 

Ne tardons plus dans les erreurs du passé,

Peinant et las d'affaires depuis longtemps taries,

Prisant des vieilles idées dont l’heure ait passée,

Plutôt celles à venir, préférables dans tous les sens.

 

Au travers du temps, le primate humain

S’est mû des grognements et cris,

Au glottal et l’aspirât,

À la syntaxe et la grammaire.

 

De la superstition à la science,

De la mauvaise science à celle un peu moins infecte,

De l’arithmétique informe aux maths un peu plus subtiles.

D’un peu plus proche, après tant de culbutes,

A quelque analogue de la vérité.

 

Des dieux désapprobateurs, aux sphères en cristal,

Aux épicycles terracentriques, aux orbites solaires ;

À la reptation lumineuse et au frisson chaotique du quanton

Jusqu’à quelles incertitudes mitigées à l’avenir ?

 

Voici ce que je cherche de toi, mon amour.

Non seulement l’inspiration d’aplomb d’Archimède :

Juste assez d’ingéniosité pour faire exécuter

Un escroc remplaçant l’or plaqué pour celui pur,

Simplement parce qu’il avait trop de filles à marier.

 

Non.  D’où je viens,

Faire exécuter des gens grâce à son génie,

S’aurait été mieux de noyer dans une fosse à plaisance,

Violé par des eunectes en rut.

 

Non.  Je cherche sagesse transcendante, vérité plus notoire.

Non la mienne solitaire, mais celle du monde entier.

Non le génie emboîté au vide d’une formule vigoureuse,

Mais la masse critique de sagesse globale.

 

Et si je dois revenir en métempsychose,

Puis revenir de suite, jusqu’à nouvel ordre,

Que ce soit en avenirs un peu moins lâches,

Qu’un peu moins foutus.

 

Des Niagara de bonnes idées, de vérités splendides

Se débordant en bouffonnerie plénière,

Remplissant les vides, exauçant chaque exigence—

Aucun problème que cet esprit massé ne pourrait résoudre.

 

Je ne suis, après tout, qu’un nullard de QI à peine passable.

Les problèmes de ce monde me sont fort irrésolubles.

Ce n’est que dans la ruche de génie des Apprentis en masse

Que de véritables répliques seraient trouvées.

 

Que l’humanité se reconnaisse, s’adore,

Se rende humaine et s’identifie, comme l’essaie chacun,

Au lieu de se bouffer, se gaver de sa chair,

Comme un redoutable autophage répudié de ses frères.

 

Toi, t’amène les flingues ; moi, ma haine.

Disgracions-nous d’insultes jusqu’au répand du sang.

Tu ris de dessins minables de notre Prophète de Paix,

Nous, des sales blagues au sujet de ton Holocauste.

 

Nous pourrons chiper l’avenir des enfants,

Faire repentir des mémères d’avoir enfanté leurs fils,

Encrer l’histoire du sang de martyres malgré soi,

Troquer notre panique mortelle pour la misère d’autrui.

 

Où te caches-tu, Euréka ?

Alors que le monde étouffe de sa folie,

Et son inertie se croisse avec chaque afflux

De voix sottes huant la raison murmurée.

 

Aucun Minos n’a bâtit de labyrinthe

Que sa maîtresse, la Déesse,

N’ait convoité d’abord

Et requis pour ses enfants.

 

Aucun taureau sacré n’a terrorisé l’humanité

Qu’une femelle intrépide n’ait d’abord convoité. 

Nul mal ne fut réalisé ni accompli

Qu’elle n’ait chuchoté à son amant au lit.

 

Ni château fort ni donjon ténébreux

Ne fut bâti ni creusé ni rempli de victimes,

À moins qu’elle ne l’ait souhaité d’avance

Dans la sauvegarde de sa progéniture sacrée.

 

Des trahisons de Carmen à foison carmine,

À la dame Macbeth, au répand du sang jusqu’aux chevilles.

Nous y sommes allés et l’avons accompli.

Voici l’heure venue pour notre noce providentielle.

 

Je te cherche, o Euréka,

Que nous qui noyons dans la stupidité du monde,

Puissions nous rendre sages, gracieux et cléments,

Au-delà de l’ancienne sagesse, au-delà même d’imaginer.

 

Pour chaque nuisance et trouble,

L’arrangement et la cure les plus manifestes.

Pour chaque impossibilité, la meilleure réplique,

Nous préparant à réjouir.

 

L’échange compulsif de notre estime mutuelle.

« Sire, la beauté de vos propos sonde la fondeur de mon âme. »

« Au contraire, Mademoiseau, des vôtres, la mienne ;

Que la faiblesse de mes éloges ne me disgrâce. »

 

L’élégance, une convention ingénue,

La niaiserie annulée comme dans un rêve.

Le mal – ce vil escroc – expédié dans son coin sombre,

Plus jamais enrobé à l’impériale.

 

Aussi facile que la cultive

Des tulipes de mon amant

Et du miroir de son désire

Dans la splendeur de notre amour.

 

Tu es mon calice, moi ta seringue.

Soit, o Euréka, que nos meilleures intentions

Ne parviennent pas à un aboutissement parfait,

Mais seulement un peu mieux, nous arrachant le cœur.

 

Rejoins-moi, Euréka.

À nous de retrouver les plaisirs de l’humanité.

Et nous réjouir, en toute paix et tranquillité,

Bientôt et à tout jamais.

 

 

- Come To Me, Eureka!  -

 

Come to me, Eureka!

Let’s make love till I’m blinded by your light,

Until this dumb luck muscle repetition

Becomes the chuckling fireworks of insight.

 

Let us not tarry midst the mistakes of the past,

Toilsome and weary over deeds long worn out,

Entertaining old ideas whose time has passed,

But those to come, better in every way.

 

Throughout time, the human ape

Has gone from grunts and screams,

To glottal and aspirate,

To syntax and grammar.

 

From superstition to science

From bad science to somewhat less bad,

From clumsy arithmetic to maths a bit more subtle.

A little closer, after so many backslides,

To some semblance of the truth.

 

From frowning Gods, to crystal spheres,

To terra-centric epicycles, to solar orbits;

To the crawl of light and quanta’s chaos shiver

To what uncertainties mitigated in the future?

 

That is what I seek from you, my beloved.

Not just Archimedes’ plumb insight:

Just enough savvy to get executed

A swindler switching gold plate for solid gold,

Just because he had too many daughters to wed.

 

No.  Where I come from,

Getting people executed thanks to your genius,

It would have been better to drown in a cesspool,

Raped by horny anacondas.

 

No.  I seek transcendent wisdom, more significant truth.

Not mine alone, but that of the whole world.

Not genius vacuum-sealed in some potent formula,

But the critical mass of world wisdom.

 

And if I must come back reincarnated,

And come back again, until further notice,

Let it be to futures a bit less craven,

A little less fucked up.

 

Niagaras of good ideas, of splendid truths

Spilling over each other in artful jest,

That would fill every void, fulfill every need—

No problem that massmind could not solve.

 

I am, after all, but a mere middling IQ nobody.

The problems of this world are quite beyond me.

It is only in the hive-mind of massed Learners

That real answers could be found.

 

That humanity may know itself, adore itself,

Become humane and self-aware, as each of us tries,

Instead of eating itself away, devouring its own flesh,

Like some dread ghoul shunned by its brothers.

 

You bring the gats; I’ll bring my hatred.

Let’s disgrace ourselves in insult until blood flows.

You laugh over sick cartoons of our Prophet of Peace

While we make sick jokes about your Holocaust.

 

We may rob the children of their future,

Make mamas repent that they ever had sons,

Ink history with the blood of unwilling martyrs,

Swap our mortal panic for the misery of others.

 

Where are you hiding, Eureka?

While the whole world chokes from its folly,

And its inertia thickens with each surge,

Of idiot voices shouting down murmured reason.

 

No Minos did ever build a labyrinth

That his mistress, the Goddess,

Did not will beforehand

And required for her children.

 

No sacred bull ever terrorized mankind

That some fearless Female did not lust after, first.

No evil was ever done or accomplished

That some She did not whisper to her lover abed.

 

Neither castle fortress nor dungeon keep

Was ever built or dug or thronged with victims,

Unless she willed it beforehand

To guard her sacred progeny.

 

Carmen betrayals by the carmine gross,

Lady Macbeth’d ‘til blood run up the ankle.

We’ve been there and done that.

Now it is time for our heaven-sent betrothal.

 

I seek you, oh Eureka,

That we who drown in the world’s stupidity

May become wise, graceful and lenient,

Beyond ancient wisdom, beyond even imagining.

 

For every harm and trouble,

The most obvious fix and cure.

To every impossibility, the best reply,

Preparing us to rejoice.

 

The compulsive exchange of our mutual affection.

“Sire, the beauty of your word plumbs the depth of my soul.”

“On the contrary, good Mistress, yours, of mine;

Let not the faintness of my praise disgrace me.”

 

Elegance, an artless routine,

Foolishness disposed of as in a dream.

Evil – that vile trickster – dispatched to its dark corner

Never again imperial robed.

 

As simple as the tending

Of the tulips of my lover

And of the mirror image of her desire

In the splendor of our love.

 

You are my chalice, I your syringe.

Even though, O Eureka, our best intentions

Never achieve a perfect end,

But only a little better, breaking our hearts.

 

Come back to me, Eureka.

Let us find again the pleasures of humanity.

And enjoy fulsome peace and tranquility,

For now and all eternity.

 

 

NEXT/ENSUITE                   POEMS/POÈMES