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- La peine
que j’induis, je dois ressentir - On est né et rené dans ce monde, Pour périr et renaître des fois innombrables, On est rené pour apprendre cette simple leçon : « Fais aux autres ce que tu veuilles qu’on te
fasse. » Aucune fuite de cette leçon, aucune sortie, Aucun sursis – sauf, peut-être, Jésus – Ni salut ni rachat que l’on puisse réclamer Jusqu'à ce que l’on ait bien appris cette leçon. Prenons un simple cas. Si je pistole quiconque, toi peut-être, Je renaîtrai dans lui, dans toi, Pour encaisser ma propre balle. Si j'afflige une mère de la mort de son enfant, Ce bébé défunt lors de ma tournée ronde, n'importe ma
part là-dedans, Soit par famine, par négligence ou par sous-munition ;
N'importe, j'aurai gagné ce prix. Je serai/suis/ai été réincarné dans cet enfant ; Mourrai de faim, serai rendu malade et écartelé. Qui plus est, je renaîtrai dans cette mère. Et souffrirai en pleine mesure son angoisse cosmique. Serai, suis, aurai été—merde ! Tes chronologies vont sûrement nous confondre. Il n'y a pas de vrai temps dans la vraie réalité, Pas avant ni après, seulement maintenant. L'angoisse de parents qui ont perdu leur enfant : Mille fois pire que les supplices d'accouchement, Plus prolongée que toute autre blessure, Encore pire que nous ne puissions imaginer. Quand un canonnier vise l'ennemi en approche Et obéit sa noble discipline, Il ne vise que son corps frêle, la tendresse de son
cœur, Et exulte en s'abattant par obus et mitraille. Mais l’Autre persistera à surgir, Piétinera nos sacs de sable et nous plantera la
baïonnette, Se glorifiera dans sa victoire sanglante, Jusqu’à sa réalisation que son couteau a atteint son
cœur. Celui-ci victorieux, et la mort de nous tous, Pourrait violer notre femme, asservir nos enfants, Et brûler nos textes sacrés. Voici pourquoi Nous devons le bloquer au moyen du monde en paix. Lui tendre notre main en amitié, Garantir la vertu de ses femmes, La sûreté de ses enfants et de ses textes sacrés, Jusqu’à ce qu’il trouve dans nous des amis et alliés. Au lieu persistons-nous à valser cette danse macabre, Exulter de sanglantes conquêtes et exploitations : « Quelle belle escroquerie ! Comme nous sommes malins ! » Quand les entrailles que l’on déverse ne sont que les
siennes. Prends garde à ce que je te dis ! Il n'y a aucune gloire dans le massacre, Aucune dans cette vie qui t’appartient, Et encore moins après la mort. Parmi de mornes âmes de corps mutilés et brûlés Sinon dépéris de faim et de maladie. « Un certain con me la flanqué. Il revit ma vie pour ses peines. Et j'attends là, Pour renaître en tant que ma dernière victime. Qui aurait su ?" Chaque homicide sur ta ronde, c’est ton suicide, Chaque trahison n’est que toi trahi, Chaque négligence, c’est toi négligé, Chaque crainte induite par toi sera ton pire effroi. D'autre part et par la miséricorde de Dieu, Pour chaque œuvre de bonté, tu recevras en décuple. Pour chaque caresse, mesure de respect et festivité, Dix fêtes seront tenues en ton honneur. Même la créature la plus vile et la plus basse Doit enfin saisir – on l’atteste fougueusement – Que l'on ne reçoit du bien qu’en le redonnant, Que notre seule sécurité reste dans celle de l’Autre. Chaque enfant sur terre doit être nourri et choyé, Que l’on ait à renaître pour être nourri et choyé. Chaque soldat sur terre doit s’exercer à répétition Pour que chacun puisse s’exercer poussiéreux et rien de
plus. L’honneur du soldat ne réside pas en tuant et mourant, Mais en assurant que personne d’autre n’en ait rien à faire, Avant lui, qui mourrait afin de le prévenir, Et se doucherait propre après s’être encrassé de sueur.
Lassant, lassant, peut-être : Pas grand-chose ne se passe Hormis le bavardage des femmes, Et la vanité des politiques paisibles. Tandis que le monde cultive Éden, S’élance aux étoiles et s’en nourrisse, Malgré toutes les pertes qui nous rendront grande
peine, Remplacés par des enfants géniaux, bien nourris depuis. De la mort de faim dont nous sommes les experts, Sinon d’être tué aux mains l’un de l’autre, Aux décès plus exotiques, Suffocant dans le vide. Faire pousser des villes comme des fleurs, Nichées dans la profondeur de bois vierges, Et des plaines grouillant de gibier, Aussi loin que l’on puisse discerner. Voici la seule issue de sortie, De la mort de faim dont nous sommes les experts, Et de la torture et de l’assassinat en série Pour aucune bonne raison. On est né giflé dans ce monde Et enragé par son injustice, Et finit par multiplier cette injustice Parmi des brutes étrangères que l’on méprise. Mais on est né et rené dans ce monde Pour établir la justice, comme ça, à partir de zéro, En dépit de nos chagrins et craintes tant avant qu’après,
Afin de renaître dans une équité de notre agencement. Apprends ça, si rien d’autre que je te raconte
! |
- The Pain I Induce, I Must Feel - We
are born and reborn into this world, To
die and be reborn umpteen times, Are
reborn to learn this simple lesson: “Do
unto others as you would have them do unto you.” There
is no escaping this lesson, no way out, No
get-out-of-jail-free card – except, perhaps, Jesus – No
salvation or redemption that we can claim Until
we have learned this lesson well. Let’s
take a simple case. If
I shoot someone, you perhaps, I
will be reborn in him, in you, To
catch my own bullet. If
I afflict a mother with the death of her child, A
baby dead on my watch, no matter what I did, Through
famine, neglect or cluster bomb; Does
not matter, I will have won that prize. I
will be/am/have been reborn into that infant; Will
starve, will sicken and be torn apart. What’s
more, I will be reborn into that mother. And
will suffer her cosmic anguish. Will
be, am, have been―shit! Your
timelines are bound to confuse us. There
is no true time in true reality, No
before or after, only now. The
anguish of parents who have lost their child: A
thousand times worse than the pangs of childbirth, More
prolonged than any other hurt, Much
worse than we could imagine. When
a gunner lays his sights on a closing enemy And
obeys his noble discipline, He
just targets his own frail body, his tender heart, And
exults in cutting himself down with shot and shell. But
the Other will keep on coming, Will
kick over our sandbags and bayonet us, Will
glory in his gory victory, Until
he realizes that his knife has struck his own heart. Himself
victorious, and the death of us all, Might
rape our wife, enslave our children, And
burn our sacred writings. That is why We
must stop him with PeaceWorld. Offer
him our hand in friendship, Pledge
the virtue of his women, The
safety of his children and of his sacred texts. Until
he finds in us allies and friends. Instead,
we keep waltzing this dance macabre, Exulting
in bloody conquests and exploitation: “What
a merry swindle! How very clever of
us!” When
the guts we spill are none but our own. Take
heed to what I am telling you! There
is no glory in massacre, None
in this lifetime of yours, And
even less in the afterlife. Among
the dreary souls of bodies maimed and burned Or
wasted from hunger and disease. “Some
bastard did this to me. He’s
reliving my life for his pains. And I
am waiting here, To
be reborn as my last victim. Who
knew?” Every
homicide on your watch is your suicide, Every
betrayal is but you betrayed, Every
negligence, yourself neglected, Every
fear induced by you will be your worse fright. On
the other hand and by the mercy of God, For
every good deed, you will receive tenfold.
For
every caress, show of respect and festival, Ten
feasts will be held in your honor. Even
the meanest, basest creature Must
eventually grasp – we verifying it forcefully – That
one only gets good by giving it back, That
our only security rests in that of the Other. Every
child on Earth must be nourished and cherished, That
we may be reborn to be nourished and cherished. Every
soldier on Earth must drill and drill again So
that everyone may drill dusty and nothing more. A
soldier’s honor is not in killing and dying, But
in ensuring that no one else need do so, Before
he, who would die to prevent it, And
shower clean after having got sweaty dirty. Boring,
boring, perhaps: Nothing
much goes on, Beyond
the gossip of women, And
the vanity of peaceful politics. While
the world cultivates Eden, Throws
itself at the stars and feeds thereby, Despite
all the casualties that will hurt us bad, Replaced
by genius children, well nourished since. From
starving to death at which we are expert, Else
being killed at each other’s hand, To
more exotic deaths, Suffocating
in the vacuum. Growing
cities like flowers, Nestled
in deep climax forest, And
plains teeming with game, As
far as the eye can see. This
is the only way out, From
dying of hunger at which we are expert, And
from serial torture and assassination For
no good reason. We
are born slapped into this world, And
enraged by its injustice, And
wind up multiplying this injustice Among
foreign bullies that we despise. But
we are born and reborn into this world To
establish justice, just like that, from scratch, Despite
our woes and our fears before and after, To
be reborn into a justice of our making. Learn
that, if nothing else I tell you! |