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- WE WIN - Don’t mean a thing: Public cruelty, tyranny and terror; War and famine and deliberate plague; Barbed wire, gas and shiny bullets by the box; Contracts, econologicians and gleaming gold; Dark Gulags and fearsome judges; And sentences passed on the innocent. We win. No matter: Where your mind may take you, What rags you must wear, Or that your children are starved and stupid, Or that prison bars surround you, Or that pain is your daily bread, Or whatever your dim leaders may declare, We win. Take not a care That your body must eat and shit every day, That you can be made to fear, And worked like a puppet by your gonads, That you may not sleep at night, That your body will fail you, And that, sooner or later, you must die. We win. Every time That the sex is unbelievable And can only get better, That another child is born to grateful parents And changes their lives, That a pieta mother gives her tender breast To suckle her God-given child; We win. Every time That clean water flows from the tap, That a doctor does his best, That a nurse, her compassion, That a judge provides good justice, That an innocent is spared And the guilty are found out, We win. Every time That a Nocturne raises goose bumps, And a Requiem draws tears, And a bright young daughter Delights her parents with a simple piano tune; Or that some solemn anthem Inspires a People, We win. Every time That someone laughs instead of striking, Gives instead of taking; Or some teenager Breaks up a bully’s brawl; Having learned, as a youth, To protect those who follow, We win. Every time That someone jots down his private thoughts, Whatever they may be. And that some child suspects that Something is wrong, And calls everything into question, However briefly, We win. Every time A glass of wine is drawn From a sun baked hillside, And quaffed, cheers! That a song, From the bottom of one’s heart, Is esteemed and repeated. We win. Every time that Liberty, Equality and Fraternity Have fired up another young spirit; That a youth is inspired by his studies To teach those who follow; That another dream, or poem, or landscape inspires us, And another sunrise flatters. We win. Every time That a meal is prepared with love And eaten with fondness for the cook; That a moldy crust of bread, vermin-ridden rice, Is shared with a sickly prison partner; And your pain becomes less important Than somebody else’s, We win. Every time that God is sincerely invoked And responds with a miracle; And someone else is humble, by miracle, When he could be otherwise; And a good deed is done, by miracle, Instead of evil; We win. Every time that Two people fall in love, Two People are at Peace, Two beliefs embrace one another, Two countries declare peace, Two nations become one, Two neighbors end their quarrel, We win. Every time that Another tree is planted, Another garden, tended, Another litterer abstains, Another wood is left alone, Another river flows free, Another sea is left clean, We win. Stay strong, stay at peace. That in us which is good, Will win in the end. It cannot be denied, Cannot be repressed much longer. It cannot but prevail. In good time We win. Stay strong and at peace. You do not know your own strength. For we must win, in the end: The muggers chased away, Evil gone and good assured, And children’s laughter, and bird song, And that Peace prevails. We win. |
- NOUS GAGNONS - Ne signifie rien : Cruauté publique, tyrannie et terreur ; Guerre et famine et peste faite exprès ; Barbelés, gaz et balles dorées par la boite ; Contrats, éconologiciens et or reluisant ; Goulags ténébreux et juges effarants ; Et des sentences prononcés
contre l’innocent. Nous gagnons. Aucune importance : Où ton esprit pourrait te mener, Quels chiffons tu dois porter, Ou que tes enfants soient stupides et affamés, Ou que des barres de prison t’entourent, Ou que la douleur soit ton pain quotidien, Ou de quoi tes chefs débiles puissent déclamer, Nous gagnons. Ne te soucie pas : Que ton corps doit manger et chier chaque jour, Que tu puisses être contraint de craindre, Et manié comme un pantin par tes gonades, Que tu ne peux pas dormir, la nuit, Que ton corps te trahira, Et que, tôt ou tard, tu dois mourir. Nous gagnons. Chaque fois Que le sexe est incroyable Et ne peut qu’améliorer, Qu’un autre enfant est né de parents reconnaissants Et transforme leur vie, Qu’une mère piéta donne son tendre sein Pour allaiter son enfant Dieudonné ; Nous gagnons. Chaque fois Que l'eau propre coule d’un robinet, Qu’un docteur réalise son mieux, Qu’une infirmière, sa compassion, Qu’un juge fournit bonne justice, Qu’un innocent est épargné Et que les coupables sont découverts, Nous gagnons. Chaque fois Qu'une nocturne provoque la chair de poule, Et qu’un requiem extraie des larmes, Et qu’une jeune fille vive Enchante ses parents d’un simple air de piano ; Sinon qu’un certain hymne solennel Inspire un Peuple, Nous gagnons. Chaque fois Que quelqu'un rie au lieu du frapper, Donne au lieu de prendre ; Ou qu’un adolescent Arrête la rixe d'une brute ; Ayant appris, comme gamin, À protéger ceux qui suivent, Nous gagnons. Chaque fois Que quelqu'un note ses pensées privées, Quoi qu’elles soient. Et qu’un certain enfant pressent Que quelque chose ne cloche pas, Et appelle tout en question, Quoi que brièvement, Nous gagnons. Chaque fois Qu’un verre de vin est tiré D’un coteau cuit au soleil, Et bu, à la tienne ! Qu’une chanson, Chantée de plein cœur, Est apprécié et répétée. Nous gagnons. Chaque fois que La liberté, l'égalité et la fraternité Ont rendu exalté un autre jeune esprit ; Qu’un jeune trouve inspiration dans ses études À enseigner ceux qui suivent ; Et qu’un autre rêve, ou poème, ou paysage nous inspire,
Et qu’un autre lever du soleil flatte. Nous gagnons. Chaque fois Qu’un repas est préparé avec amour Et apprécié avec tendresse pour le chef ; Qu’une croûte de pain moisi, du riz vermineux, Est partagé en prison avec un partenaire maladif ; Et ta douleur devient moins importante Que celle d'un d'autre, Nous gagnons. Chaque fois que Dieu est invoqué sincèrement Et répond avec un miracle ; Et qu'un autre est humble, par miracle, Quand il pourrait être autrement ; Et qu’un bienfait est accompli, par miracle, Au lieu du mal ; Nous gagnons. Chaque fois que Deux personnes tombent amoureuses, Deux Peuples sont en paix, Deux croyances s'embrassent, Deux pays déclarent la paix, Deux nations se rendent en une, Deux voisins cessent leur querelle, Nous gagnons. Chaque fois Qu’un autre arbre est planté, Qu’un autre jardin, cultivé, Qu’un autre jeteur de civières s'abstient, Qu’un autre bois est laissé tranquille, Qu’un autre fleuve coule libre, Qu’une autre mer est laissée propre, Nous gagnons. Reste fort, reste en paix. Ce qu’il y a dans nous de bon, Gagnera enfin. Il ne peut être nié, Ne peut être encore longtemps réprimé. Il ne peut que prévaloir. En bon temps Nous gagnons. Restes forts et en paix. Tu ne reconnais pas ta propre force. Car on doit enfin gagner : Les agresseurs chassés, Le mal parti et le bon assuré, Et le rire d’enfants, et le chant d’oiseaux, Et que la paix prévaut. Nous gagnons. |