SOMMAIRE D’Apprentis INTRO ET
VOCABULAIRE
« Nous
sommes enseignés par tous ces préalables à assumer aussi attentivement que
possible le point de vue, la patience et la compétence de Dieu. » Buckminster Fuller, Critical Path (Voie cruciale), St. Martin Press, p. 251.
Pendant la seconde sic guerre mondiale, chaque Européen dût faire face au même choix : défier les Nazis ou accepter leur foi. Aujourd'hui, c'est à toi choisir. Nul temps ne reste pour fuir l’épreuve principale – semblant le passe-temps humain favori – nulle part où courir te cacher. De la Nouvelle Zélande à Novaya Zemlya, ton choix sera entre risque mortel et faillite morale, à moins que tu te rendes en Apprenti digne. Cette lecture t’offre le temps de peser tes options avant que ne débute le scrum.
Quoiqu’il te sera d’abord nécessaire de larguer du lest mental. Le fret à toi d’abandonner comprend trois volets, chacun incorporant le précédent et empirant ses dégâts. Tu peux élire d'être :
· méconnaissant : « Je ne peux rendre confiance qu’en des idées déjà au moins cent fois assimilées : celles les moins susceptibles de m’attirer des ennuis. Rien d’autre ne vaut la peine. »
· crédophobe : « Je n’admets rien de ces bibines dont ils m’ont bourrées le crâne; mais ne puis croire en autre chose. »
· fanaticophobe : « Je ne rends confiance qu’en ceux qui me répètent des idées familières. Celui qui témoigne autrement doit être un fanatique, une noix de coco ou un colporteur d’huile de serpent. Personne ne peut m'escroquer ; je suis trop "cool" et subtil pour le lui permettre. »
Ces jours-ci, presque tout le monde est devenu fanaticophobe. Toi aussi ?
Tu peux rejeter ces notions et endurer l'ostracisme que provoquera ton rejet. Prends ton propre chemin, pour changer un peu, et quelques risques selon ton gré. Tu es seul à pouvoir déboucher tes oreilles aux nouvelles idées. Cela demande du cran et discernement supérieur.
Aurait-on de quoi l'effectuer ? Je te crois l’avoir, puisque tu as lu jusqu’ici.
L'orthodoxie prédominante nous prie de nous soumettre au paternalisme d’un « nouvel ordre mondial » de corporatisme international. Apprentis appellent ces candidats à l’impérialisme global, des Mauviettes (en anglais : Wimps, World IMPerialists.) Les actualités confirment leur ascendance. Notre vide spirituel, l'holocauste environnemental dont nous témoignons à contre cœur, et la propagation du chaosisme militant – d’autant microcriminel que macromilitaire – tous nous démontrent l’éconologie des entreprises commerciales qui les oriente. Le contrôle télévisé de pensée nous vise le crâne de quantités industrielles de vétilles Hollywoodiennes et de matérialisme de Madison Avenue ; ceci qu’afin d’amplifier notre folie collective de mauviette et voiler ses pires conséquences.
Quand tu contemples désormais une corporation et la nature de son contrôle, pense à une monarchie capricieuse, licencieuse, endurante et redoutablement stupide. Les Apprentis traiteront des corporations multinationales comme les anciens républicains ont réagi aux monarchies : leur renversement par voie primitive de brutalité n’a résulté qu’en des contrecoups plus violents, alors que leur substitution intelligente et graduelle amorça des améliorations permanentes.
En revanche, des troglodytes de vieille souche insistent que quelques êtres choisis doivent « réintégrer » une chimère politique de provenance douteuse, alors que le restant se livre à la servitude de mauviette. De façon hypnotique, ces prismes s'écrouent dans leur « isme » favori. Soit par individualisme, libertarianisme, constitutionnalisme dit « strict », nationalisme, national-socialisme nazi/fasciste/bushido, national-communisme soviet ou maoïste, national-capitalisme américain ou corporatif, radicalisme, anarchisme, racisme, tribalisme, fondamentalisme religieux ; soit par quelque autre panacée simplificatrice ; il leur plait de se ranger auprès de supérieurs imaginaires et de sacrifier des inférieurs entièrement semblables―voilà tout. Par leur prisme les reconnaîtras-tu.
Le titre de prisme s’applique à maints mécréants : autant autocrates militaires, absolutistes de politburo, fanatiques religieux, terroristes (soit rémunérés du gouvernement, soit supplémentaires), génocidaires ethniques, barons du crime et leurs frères secrets dans la police secrète, extorqueurs militaro-industriels, politiciens réactionnaires et leurs partisans qui se fichent de tout ; tout autant qu’à toi et moi pendant nos pires journées. À la recherche d’une simplification calmante, ces activistes déshumanisent leurs adversaires en les transformant en abstractions philosophiques, pour mieux pouvoir les abattre.
Dans Les guerriers : Réflexions sur les hommes en bataille, Harcourt, Brace et Co., New York, 1959, J. Glenn Davis énumère plusieurs genres de guerriers et leurs moyens de réduire l'Autre en un ennemi parfait.
Des soldats professionnels préfèrent combattre un ennemi compétent et courageux ; ils méprisent tout adversaire moindre. Paradoxalement, cet ennemi doit être méprisé et détruit avec efficacité professionnelle autant qu'il résiste mais traité honorablement sitôt qu’il se rend. Quand des civils sans armes sont torturés et abattus, comme ils doivent bien l’être en guerre, (et ne permet à personne de te dire autrement) ce doit être avec répugnance cérémonieuse de la part des guerriers professionnels.
Les guerriers racistes transforment leurs ennemis en êtres sous-humains. Il ne reste plus de place dans leur attitude pour pitié, décence humaine ou valeurs rédemptrices : ce qui ajoute une corvée machinale aux autres insultes de la guerre.
L’ennemi des champions religieux et idéologiques est non seulement un être sous-humain mais aussi une parfaite incarnation du mal. Il est en révolte inimaginable contre Dieu, le Chef ou quelque autre principe éminent. L’abattre, c’est non seulement l'obligation répugnante de ces champions mais leur appel divin. Attends-toi à encore moins de merci de la part de tels assassins en masse.
D’autant plus que, comparé à la gloire de l’abstraction qu’ils adoptent, sont nuls le bien-être et la survie de tous : soit opposants, innocents, co-équipiers, soit eux-mêmes—même si l’interdiction formelle de telles agressions fasse partie intégrale de leur abstraction adoptée. Des chiites et sunnites se battent, par exemple, bien que tous deux musulmans en soient formellement interdits dans le Coran. Mohammed n’aurait guère apprécié cette disgrâce.
Qu’Apprentis ne soient jamais pervertis de cette manière ! Vous autres, meurtriers lâches, n’aurez aucune excuse valide, cette tournée de ronde.
En revanche, ceux irrémédiablement raisonnables considèrent leurs adversaires comme des confrères et victimes de forces au-delà de leur contrôle, surtout en guerre. Les contradictions que pose leur attitude salubre, par rapport aux exigences brutales du combat, font qu’elles et leur santé mentale se fragilisent assez vite au champ de bataille, là où toute hésitation résulte trop souvent en pertes et défaite. Jésus ou survie ?
Les soldats professionnels sont notamment critiqueurs de cette attitude. De leur point de vue, mépriser l'ennemi simplifie la tâche périlleuse de le tuer et de subjuguer ses survivants. Ils préfèrent donc leur mépris bien réfléchi (en dépit de son manque de merci) à tout sens de confrérie risquant de saper leur esprit. Puisqu’il est plus ardu de se concentrer en retenant deux idées contradictoires en tête, ceux en dehors de leur clan militaire doivent subir leur mépris équivalent.
Dans Cet être d’obscurité : Une sociologie de l'ennemi, University of Washington Press, Seattle and London, James A. Aho décrit cinq démarches exigées pour réifier la haine ethnique. La réification veut dire ici la transformation d’une abstraction, telle que la bigoterie, en une chose concrète.
1. Dénommer : la caractérisation illusoire d’un individu comme modèle d'une catégorie abstraite et odieuse.
2. Légitimer : valider cette identification aléatoire en renversant des conclusions officielles.
3. La fabrication du mythe : créer une fausse histoire afin de confirmer cette tromperie.
4. La sédimentation : implanter cette légende dans la mémoire de la prochaine génération, en se servant de la dynamique de liaisons intragroupe.
5. Les rites : éteindre cette victime de façon brutale et dramatique, souvent au moyen de tortures rituelles et l’enchevêtrement de sa famille.
6. Un sixième élément pourrait être ajouté, le martyre : sacrifice aux autorités horrifiées de fanatiques secondaires, à la suite des rites sus-décrits, et leur canonisation par des fanatiques aînés qui, eux, ont bien su déguerpir. Bon dieu, qu’ils aiment à gémir ! Surtout quand ils s’en sortent d’abominations nonpareilles.
Ces habitudes sont sans doute des versions distordues d’équivalents rituels paisibles du genre « bol à mélanger. » Avec quelques petites réécritures du spectacle impliqué, leur exploitation pourrait inciter le respect mutuel et la tolérance sociale. Comme beaucoup de rituels d'armes, avec quelques finesses ils pourraient être convertis aux usages paisibles.
Il est à noter qu’au cours chaotique et fatal du combat intertribal, les tribus les plus belliqueuses ont intégré des prisonniers de guerre afin de combler leurs lourdes pertes. Ainsi, les pires chauvins meurtriers ont dû se rendre en experts dans l'art de transformer un ennemi farouche en frère de sang. La vie, c’est le paradoxe.
Les plus fanatiques des élites actuelles s’attendent à l’ultime orgie de brutalité prismatique qui aboutira en gang bang (viole collective) planétaire de toutes toxines, auquel nous nous sommes apprêtés ces dernières décennies : l’extermination bio-chimio-nano-météo-scalaire et nucléaire des Autres détestés, ainsi que l’Autre ahurissant au-dedans de nous-mêmes. Nous nions notre enjeu dans ce désastre en approche, qui n’aurait jamais pu venir à terme dans l’absence de notre collaboration dévouée. La paix se gâtera peu à peu, puis la guerre totale éclatera de façon spontanée et irrémédiable—faute, entre-temps, d’avoir pris des mesures extraordinaires pour le détraquer.
Les mauviettes et prismes comptent autant sur la mentalité d'armes : leurs éthiques, également corrompues et leur probabilité de succès à long terme, nulle. Tôt ou tard, leurs ruées au pouvoir dégénèreront en bains de sang : qu’une question de temps et de sophistication d'armes.
Heureusement, la croyance des gens (sinon leur manque de telle) peut être harnachée à la lutte pour la paix et la satyâgraha, dont nous reparlerons dans son propre chapitre.
Apprentis proposent une idéologie tout à fait divergente, soutenue par la troupe d'un seul individu (moi.) Elle ne réclame aucun parrainage du « Skull & Bones » des mujihadines, du fond monétaire international ni de tels coupe-gorge furtifs. J'espère que ce renoncement te ralliera à la cause.
Les Apprentis exigeront l’entièreté de l’infrastructure que l'humanité s’est assemblée aujourd'hui, qui doit rester intacte, fleurir et se raffiner convenablement. En outre, nous exigerons que de moins en moins de monde ne soit privé de domicile, contrée, sécurité, vie et soutien de vie.
Les Apprentis adresseront les besoins des riches avec autant de soins que ceux de l'info prolétariat ; en d'autres mots, mille fois mieux que n’en ont été capables les directeurs d'armes. À la différence de ces derniers, ceux-là exigeront la coopération, l'expertise et la gestion financière des élites d'info actuelles. Sans elles, rien de cette transformation ne sera praticable.
L’humanité vient à peine d’avoir accumulé assez de capital et de bonne volonté pour entreprendre cette transformation d’Apprentis. Toute massive tombée en panne sociale (que les dissidents d'armes ne cessent d’enjoindre) ne parviendra qu’à nous précipiter aux paliers inférieurs de barbarie d'armes et à l’annihilation éventuelle. Nous ne pouvons plus nous taper d’autres destructions de masse, chapardages et terreurs du genre que nous aurions convenu – tout en poussant de grands soupirs ! – n’étaient que des inévitabilités regrettables.
Quant à ceux qui souhaitent annihiler la civilisation tout en aiguisant leurs compétences de survie, (sinon particulières, du Bon Livre) je me vois ahuri devant leur panique. Qu’ils tiennent à la harangue de l'unibomber, aux déclamations d’un fondamentaliste quelconque ou aux voix homicides résonnant dans leur tête, leur simplification blessante de la réalité présage un grand malheur pour nous tous, eux compris. Que les Apprentis puissent ranimer leur imagination pétrifiée et guérir leur penchant fatal pour la simplification !
Je me rappelle avoir lu qu'un jeune membre de tribu montagnarde fut mis en arrêt pour sa redevance d’une querelle de sang. Quand la police lui demanda pourquoi il avait assassiné un étranger innocent, il avoua que sa vieille mère le lui avait préconisé. Des femmes peuvent être aussi fatales, dans ce contexte, que les hommes … et peut-être un peu plus ; elles peuvent servir les besoins de la paix avec encore plus de vigueur.
Des chamans apparemment « primitifs » ont informé un observateur étranger quelle était la différence entre les hommes et les femmes. Les hommes font la chasse, se battent et abattent les arbres ; les femmes nourrissent enfants, hommes et jardins. Ces hommes et femmes sont ainsi permis leurs distinctions naturelles de talent, de puissance et d’aptitude. Pourtant et avant tout, les femmes doivent faire savoir aux hommes quand s’arrêter. On a négligé ce fiable droit de veto.
Rien n'est aussi irrévocable qu’il ne paraît être, même pas l’annihilation. Pendant le prochain paroxysme de stupidité en masse et panique de slips souillés, on pourrait détruire la biosphère, la race humaine ou simplement l’entièreté de la civilisation. Qu’une question des mégatonnes à déverser, entrelacés de maladies meurtrières, de climat tordu et de nanotechnologies supplémentaires de guerre.
Ces résultats lugubres sont en grande partie du bidon selon quiconque tiendrait à la réincarnation. Nous allons tout juste devoir reconstituer l’intégralité absurde de notre histoire pour revenir au cran courant d’éventualité de la paix. Après que les moellons radioactifs auront cessé de rebondir, on pourra prendre quelques milliers d’années pour reconstituer la civilisation d'armes dans son intégralité, sinon les millions depuis l'avenu des premiers êtres humains, sinon les milliards additionnels depuis que la vie ait prit prise sur la terre.
Faites vos jeux, bombardiers pompeux ! Faudra patienter un peu plus longtemps avant de pouvoir procurer des bombes assez puissantes pour nous projeter plus loin en arrière dans le temps. Voici tout ce dont votre panique malintentionnée soit capable : nous occasionner un plus grand délai le long d’une étendu de vie quasi-infinie.
Combien de temps souhaite-t-on gaspiller en reconstitutions historiques ? Combien d’engloutissements redondants, de viols, suicides, crucifixions, pogroms et massacres supplémentaires devra-t-on témoigner pour se distraire—avant de pratiquer le correcte ?
Tu peux lire tout ce que tu veux sur la guerre dans tes journaux et livres d’histoire. Voici ce que tu ne liras jamais. Les affaires reviennent à peu près à l’état originel avant que cette guerre n’ait éclaté. Les survivants renouent leur vie normale, s’aiment et se haïssent, élèvent leurs enfants bienheureux et reprennent leurs petites affaires. La guerre, soit combien « glorieuse et significative » ne change vraiment rien. Le même résultat (celui supérieur, en toute probabilité) aurait pu être atteint durant une paix équivalente. La seule vraie différence réside dans le montant des années et décennies de labeur requis pour remplacer d’irremplaçables pertes et rebâtir les fortunes et la mutualité des confiances détruites par la guerre.
Tout le monde perd toutes les guerres ; elles n’ont aucun gagnant sauf des élites d’armes.
Pendant l’évolution antédiluvienne de la vie terrestre, des organismes multicellulaires ont subi une transformation saisissante. Ces colonies primitives ont laissé leurs cellules centrales s’affamer et suffoquer. Entourées, comme elles l’étaient, de cellules « égoïstes » aux marges, elles n’ont obtenu assez de nourriture et d’oxygène pour survivre. Les formes de vie d’une complexité comprenant trois dimensions, n’ont pu évoluer avant que ces cellules externes et « privilégiées » n’aient rassemblé des éléments supplémentaires de nutrition et d'Oxygène, et ne les aient passés au centre « plus pauvre. » Ensuite ont-elles dû transmettre ce talent aux générations à suivre.
Quiconque pérorerait un dogme de darwinisme social tel que « la survie des plus capables » devrait contempler « celle des plus généreux. » La nature maintient la communauté la plus complexe de partageurs capables d’adapter leur coexistence dans ce milieu. Voir Pierre Kropotkine, L’aide mutuelle : Un principe (factor) dans l’évolution.
« Pendant
des millions d’années, les ingénieurs d’écosystèmes naturels ont été
singulièrement efficaces à promouvoir la surcroissance [mes italiques.] Ils ont évolué avec d’autres espèces dans
l’exploitation des niches de leur fabrique.
En résulte l’harmonie à l’intérieur d’écosystèmes. En s’éparpillant dans des niches multiples,
les espèces constituantes saisissent et recyclent plus de matériel que ne
serait possible dans des écosystèmes semblables. Homo sapiens est aussi un ingénieur d’écosystèmes, mais
malhabile. N’ayant évolué avec
[NOTA : en proximité intime de—une technologie paisible qui pourrait bien être
cultivée] la majorité des formes vivantes rencontrées autour du globe, on
élimine beaucoup plus de niches écologiques qu’on n’en crée. On pousse dans l’extinction des espèces et
écosystèmes aux montants beaucoup plus élevés qu’existaient auparavant, et
diminue partout la productivité et la stabilité. » Edward O. Wilson, The Future of Life (L’Avenir de la vie), Alfred A. Knopf, New York, 2002, p. 112.
Une fois que la croyance des Apprentis prendra racine, des élites d'info bénies de surplus de richesse découvriront les profits démesurés à réaliser, (de façon pragmatique mais intégralement morale) une fois qu’elles établiront le restant en meilleure équité. Comparé à cette abondance, leurs récents accomplissements les plus grandioses sembleront comme des simples déboires de chef de bas quartier.
Alors que tout le monde mérite d’un confort modeste, ceux qui excellent ne doivent devancer ce minimum par plus de cinq à un entre les cinquièmes les plus riches et les plus pauvres de la population, et quinze séparations entre les centièmes aux antipodes de la richesse et pauvreté. Donc, le plus ascendant sur l'échelle de confort que les plus pauvres puissent grimper, le plus de luxure les riches pourront s’autoriser en bonne conscience.
Me voici répétant mes mauvaises habitudes : rendant des pronunciamientos quand le seul but d’Apprentis serait d’inciter la transformation globale, puis s’ôter du passage pour permettre aux experts et spécialistes d’optimiser leur passion. Je devrai céder cette besogne à un Apprenti mieux qualifié.
Robley E. George, Socioeconomic
Democracy: An Advanced Socioeconomic System, Praeger Studies on the 21st
Century, Praeger Publishers, Westport, Connecticut, London, 2002, p. 91. « La démocratie socioéconomique est un sous-système prototype
socioéconomique selon lequel il y aurait une forme de Revenu Particulier
Garanti et Universel, (RGU) aussi une forme de Maximal Avoir Particulier
Permissible (MAP) dont les bornes – celle en bas de la pauvreté matérielle
particulière et en haut de la richesse semblable – seraient établies et
rajustées de façon démocratique par toute la communauté. »
Les Apprentis ne poursuivront ni l’absolue égalité économique ni son opportunité illimitée. En fait, ce sera la nature des Apprentis d’éviter presque tout absolu : tout en modération, (à part la sagesse, la beauté et l’excellence) tout bien équilibré et favorisant la paix.
Staline et Pol Pot nous ont démontré que la première alternative mène à l’absolue pauvreté et à des millions de cadavres d'entrepreneurs de toutes sortes ; soit civils ou militaires, bureaucrates ou professionnels, directeurs d'usine ou de ferme : tous ceux qui ont tenté d'aller en avant ont été nantis ainsi que ceux en grands nombres innocents d'une telle ambition. Les États-Unis modernes et l’Angleterre victorienne ont démontré la polarisation malsaine de la richesse et la pauvreté quand celle-là est accentuée sans exception.
Un moyen d'or doit être trouvé, de sorte que chacun puisse vivre confortablement, que l’esprit d'entreprise soit permis sa créativité et son gain légitime, et qu’une conscience morale beaucoup plus salubre prévale dans toute la société et chaque individu. Il s’agirait de libérer meilleure sagesse : l’ultime but des Apprentis.
La bonne conscience morale, voici l’ultime luxe autant pour les riches que les pauvres. Comparé à laquelle, tous ses trésors brillants et honorifiques ronflants ne sont que de simples babioles et gargouillements de bébé ; leurs sacrifices et souffrances, pure perte de temps et d’énergie.
Je ne parle pas de la satisfaction que l’on puisse ressentir en griffant sa voie à la crête du tas de viande humaine, ni celle ressentie par quelques riches qui luttent pour le droit des pauvres. Parlons plutôt de la vraie valeur de soi, de l’incontestable bonne conscience et du bien-être authentique et universel. Jadis sacrifiés sur l’autel d’armes, ils valent mille fois nos babioles et épatements de la galerie, aussi d’autant que notre soumission aux souffrances sinon rejet révolutionnaire d’elles, une fois que nous aurons reconnu ce que nous avons raté.
Les désignations politiques du passé récent impliquaient stase dogmatique et pensée linéaire ; ni sensibilité ni authenticité politique. Nous en étions épinglés comme des papillons sur une planche de liège, afin de mieux « contrôler » nos choix et comportements.
On n’a jamais conçu une expression pour un être politique aussi flexible qu'un Apprenti. Nous sommes anonymes et donc impuissants parce que nous rejetons meilleure doctrine. D’une façon ou d’une autre, nous nous attendons à nous débrouiller en dépit de notre refus catégorique d’améliorer le contenu de notre discours politique.
En effet, notre constellation de métaphores politiques est un patchwork de clichés rouillés et d’expressions obsolètes mais bien à la mode, qui eut pu retenir quelque promesse dans un passé distant mais aucune aujourd’hui. Ces euphémismes gâteux : démocratie, gauche en contrepartie de droite, capitalisme, collectiviste – c’est à en baver ! – ne parviennent qu’à empirer nos erreurs et aggraver leurs effets nuisibles. La politique habituel nous défend de bricoler l’aciérie grinçante de la civilisation. Dans ce texte, je note cet obstacle au progrès et en prends un pas de côté.
XXX« Ces
principes, par conséquent… doivent être soumis à l'enquête impartiale et
patiente… d’individus de chaque rang, classe et dénomination… qui se sont en
quelque sorte rendus compte des erreurs parmi lesquels ils vivent, qui ont
ressenti l'épaisseur de l’obscurité mentale leur enveloppant, qui sont avides
de découvrir et poursuivre la vérité, n’importe où qu’elle mène, et capables de
percevoir l’inséparable [rapport] entre l’individu et la
collectivité, entre le bien public et privé ! » Robert Owen, Catéchisme, Cole, 205-7. Pris de La vie et les idées de Robert
Owen, par A.L. Morton, Monthly Review Press, 1963, p. 128.
On ne peut tricher à l’Apprentissage ni l'éviter ni en entretenir des mensonges. Des brutes apprennent le mal ; des victimes, l’endurance ; et des progressistes, si fortunés, patience et compassion. Tout le monde apprend à mieux faire la prochaine fois. Apprendre, voici notre jeu préféré, solidement encablé dans nous tous. De la conception à la mort et peut-être au-delà, notre conscience brûle d’apprendre.
Le verbe « apprendre » manque sa voix active pour compléter celle passive dont nous sommes habitués. L’on devrait rénover son intention originelle, de l’expression « absorber des informations de façon passive » à « échanger franchement des données. » En plus, cette expression « Apprentissage » comme comprise ici, inclut le paquet d'informations à nous d’absorber en poursuite de notre vie civilisée. Je réclame ma part d’Apprentissage et espère la troquer avec la tienne.
Les termes « enseignement et éducation » comportent une surcharge de compulsion et d’enrégimentement qui n'a rien à voir avec « l’Apprentissage » dont nous parlons.
Alors que l'index du livre, Théories d'apprendre - Une approche comparative, a beaucoup d’entrés sous les rubriques « punition, climatisation, compulsion psychologique » et de semblables ; il n’a aucune sous « amusements et jeux. » Curieusement, la seule mention du jeu se trouve dans la préface. Là, ses éditeurs expliquent combien ils se sont amusés en « œuvrant sur le problème » d'apprendre.
Bien que ce texte puisse adresser une masse d’Apprentis irréfléchis : « Qui, moi ? » il poursuivra surtout ceux qui, parcourant ces lignes, reconnaîtront l’Apprenti en eux-mêmes.
À moi, les Apprentis !
Nous sommes tous nés Apprentis ; personne ne peut s'abstenir. Le corps d’Apprentis comprend l’enfant et l’aîné ; le riche et le pauvre ; la victime et son bourreau ; l’ignorant intentionnel, l’universitaire et l’autodidacte. Age, race, sexe, capacités et autres positions d’identité : tous sont égaux sur le terrain de jeu de l’Apprentissage.
Quand les Apprentis du monde entier se reconnaîtront et rattraperont leurs passions selon leurs talents et intérêts, les astres se rendront à notre porté sur demande.
ENSUITE TABLE
DES MATIÈRES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix