SOMMAIRE
D’APPRENTIS INTRO ET VOCABULAIRE
« La déchéance systèmique d’une communauté militaro-industrielle est un phénomène d’opposition à la modernisation : un renversement abrupt de développements clés qui ont défini toutes les sociétés industrielles jusqu’à ce jour. Dans le cas soviétique, cette forme de dégénérescence sociale a été provoquée par les attitudes anti-innovatrices du système économique, adjointes à l’attribut autodestructeur de sa modernisation aux mains des militaires. La dévolution de ce système peut être formulée en quatre procédés reliés : stagnation technologique et diminution de rendement ; déclin dans la complexité des structures sociales et stagnation dans le partage des travaux ; incapacité de développer des nouvelles demandes, croyances et valeurs : toutes obligatoires au progrès ; et finalement, gaspillage des ressources et surcroît de dégâts écologiques. » After Empire: Multiethnic Societies and Nation-Building; the Soviet Union and the Russian, Ottoman and Habsburg Empires (Après l’empire : Les sociétés multiethniques et la création des nations ; l’union soviétique et les empires russe, ottoman et Habsbourg), édité par Karen Barkey and Mark Von Hagen, Westview Press, Boulder, Colorado, 1997, p. 81.
Victor
Zaslavsky écrit en haut son explication d’après le fait de l’effondrement de
l’Union Soviétique. Ces mêmes critères
s’appliqueront à l'imminent effondrement de gérontocraties plus ou moins
semblables dans l’Occident. Selon lui,
sa chute a eu lieu à cause de son incapacité et manque de vouloir assimiler les
majorités natives en Asie Centrale et convertir ses technologies militaires en
alternatives paisibles. Apprentis préconisent que les sociétés
occidentales vont bientôt crouler à cause de leur incapacité et manque de
vouloir embrasser des étrangers dans une coopérative globale et paisible, et
leur refus « Après Exxon, le déluge » de promouvoir de massives
recherches dans des technologiques alternatives à la brûlure du carburant de
fossile a) en voie rapide de disparition et b) capable à elle toute seule
d’ébouillanter la biosphère.
Contrairement à l’effondrement soviétique, ni aide étrangère ni vitalité
globale ne se présentera pour amortir cette catastrophe.
Voyons voir
un autre mythe d’armes qui affirme
que la méthode scientifique ait évolué de l'alchimie : tentative systématique,
de la part d’Apprentis subtils, de convertir des métaux vils en or. Ce rêve tenace et anal s’est prouvé une
grande perte de temps et de fortune pour de nombreux charlatans ingénieux ainsi
que leurs dupes royales et bien disposées.
Compte tenu de la praticabilité de telles transmutations, l'écroulement
du prix de l'or les rendrait sans valeur.
Encore plus
stupide : la recherche par ces alchimistes d’un alkahest ou dissolvant
universel qu'aucun récipient ne pourrait contenir. D’autres articles sur la liste de souhaits alchimiques incluent :
·
des
homuncules : « des petits hommes. » Pourquoi s’ennuyer ?
·
la
palingénésie : la reconstitution des plantes depuis leurs cendres brûlées. Cette fantaisie ne semble pas très distante
du pouvoir de restaurer la vie de la mort ;
·
un Spiritus Mundi dissolvant de l'or et
provoquant d’autres astuces magiques ;
·
le
principe actif ou la quintessence des éléments. Ce me semble une bonne manière de raviver le « Big
Bang » (le grand boum déclencheur du cosmos.) Souhaiterions-nous tenter de survivre un
autre grand boum ?
·
l’ultime
absurdité alchimique assurerait la santé humaine au moyen d’un or liquide et
potable appelé aurum potabile :
une autre ambition sans valeur.
Une
importante différence entre l’enfer et ce monde, c’est notre opportunité de
bien vivre, bien mourir et nous réincarner dans
le Christ. D’immortaliser la sénilité
de nos bourreaux les plus riches serait l’ultime triomphe de la gestion
d’armes, et d’autant plus du vampirisme obscène quand tant plus de monde
resterait affamé. De même, une durée de
vie de 120 ans alors que la population de continents entiers disposerait du
quart de cette moyenne. Comment les
riches peuvent-ils se permettre de tels péchés ?
Je ne
critiquerai pas ces hobbys inscrits en sus, extraits de l'œuvre encyclopédique
de Manly P. Hall, The Secret Teachings of
All Ages (Les enseignements secrets
de toutes les époques), The Philosophical Research Society, Inc., Los
Angeles, 1977, pp. 154-55, s’ils ne ravissaient d’irremplaçables temps et
talents de nos fonctions fondamentales : à savoir, rendre illégale la guerre
sur le plan global et rétablir la paix au monde. Je ne reviendrai jamais de la gamme de trivialités dont les gens
se distraient autrement.
Je trouve
fascinante l'insistance de ces alchimistes que leurs formules terrestres
fassent partie de quatre formulaires distincts. Afin d’entrer en vigueur, selon leur croyance, tous les quatre
doivent se réaliser simultanément sur trois plans spirituels et celui-ci
terrestre.
Une fois que
les Apprentis auront résolu leurs problèmes de guerre et de paix, nous pourrons
nous obséder à transformer des navets en soucis sinon gagner plein de fric en
exécutant de la ciselure de ballon à travers un terrain de jeu :
poursuivre sans blâme nos passions où
qu’elles nous mèneraient. Mais ces cinq
derniers millénaires d’hyperactivités prodigues ne menant nulle part sont une
disgrâce pour chaque Apprenti. Des
petits enfants égarés se divertissant de jeux triviaux.
Des
techniciens d’armes ont pratiqué « la méthode scientifique » bien
avant les alchimistes : ils se sont servis de raisonnements inductifs et
déductifs, d’épreuve et d’erreur, de la répétition et confirmation de leurs
résultats ; de l'extraction, affinage et mélange d'éléments conformes dans
des composants logiques, ainsi que d’autres astuces de labo.
Les
premières applications scientifiques ont été au service de technologies
militaires. Des armes ont été forgées
de matières disponibles de plus en plus exigeantes, nécessitant plus
grande énergie et des outils encore plus durs (pour leur façonnage) : os,
calcaire, silex, quartz, cuivre, cuivre à l’arsénique, bronze, fer, acier,
acier inoxydable, uranium, plutonium, titane, et des composés de céramique et
de plastique—surtout pour perfectionner encore plus d’armes et de meilleures.
En fouillant
dans la terre, une certaine conclusion apparaît au jour. Des armes définissent l’âge de pierre, de
bronze et de fer ; elles définissent l’époque de pyrotech (du feu) qu’on
traverse à pleine vapeur et celle de biotech (de la vie) en approche à la
charge. Celle nouvelle pourrait ne
durer qu'une petite génération ou deux dans l’absence d’une prudence
extraordinaire. Sinon nos survivants
auront à taper des pierres radioactives, supposant que n'importe quoi
survivrait nos conséquences imprévues, au-delà des mauvaises herbes, cafards et
bactéries aux strates profondes…
Je n’ai
guère envie de me réincarner en tant que bactérie de strate profonde – la
niche écologique la plus comparable à l’enfer biblique que je puis imaginer –
et d’avoir à ré-évoluer, après des agonies sempiternelles, en une nouvelle
approximation de la conscience humaine.
Non plus comme un mutant primate ébréchant du silex radioactif.
Imagine
comment évoluerait la conscience vitale dans un futur dicté par la paix :
aussi supérieure à celle de la terre en armes, que celle-là le serait aux
bactéries de strate profonde !
Quoique leurs dissemblances ne pourraient être qu’une question de
dimensions et de détails aux marges, pas plus.
On entame
enfin l'époque de la biotech parce que des scientifiques ont finalement pris au
sérieux l’idée d’armes biologiques.
Pour qu’une science puisse devenir « dure » elle doit livrer
promesse en tant que nouvelle source d’armements.
Depuis
toujours, des techniciens d’armes ont produit les inventions de plus en plus raffinées,
solides et coûteuses : les objets de pointe des chasseurs et guerriers. Les armes ont toujours été œuvrées au degré
d'excellence le plus rigoureux ; ont retenu les éléments disponibles
les plus ardus à manier, coriaces et dangereux. Elles ont été mieux révérées que des idoles, amassées avec plus
d’avidité que du trésor dissipé, lui, en folies de dépenses militaires. Celles les plus fortes ont été nommées et
chéries en grands nombres, encore plus affectueusement que beaucoup d’enfants
davantage largables.
Le standing
des maréchaux-ferrants, par rapport à celui des guerriers, a longtemps alimenté
le débat savant. Des tyrans ont
assujetti les meilleurs maréchaux-ferrants à la fabrique d’armes, et cette
maréchalerie a toujours figuré comme une virtuosité mystérieuse, imprégnée
d’astuces religieuses, mystiques et magiques.
Dans tous les pays, l’ancien forgeron retint un ascendant surnaturel
pour le mieux ou le pire.
Des lames en
acier de la qualité la plus fine, par exemple, furent chauffées au rouge et
baignées dans du sang frais, écoulé juste auparavant d’un sacrifice humain
terrifié. L’éteinte de ces lames dans
de l'hémoglobine lourdement oxygénée, vois-tu, produit l’acier d'épée « le
plus fin. » Apparemment, cela
produit des nanotubes de Carbonne énormément forts et flexibles, comme ceux
découverts dans des épées de Damas fabriquées de spéciaux lingots de wootz
ferrique qui retenaient certaines traces minérales, du moins selon l’article
dans Le Monde couramment archivé et m’étant donc inaccessible. Voir Google : wootz.
Le plus
élevé le compte des techniciens, des matériaux et d’argent, le plus fatal
l’ultime produit. Des chefs de clan
guerrier ont dû compenser royalement leurs maréchaux-ferrants, mais
soigneusement entretenir leur habileté comme un secret d'état. Or, des « alchimistes. »
Alors,
dites-moi : la science moderne est-elle supposée avoir évolué de
l’alchimie et non d’une inavouable technologie d’armes, correct ? Voici un mensonge transparent, enseigné à
chaque écolier sans exception, retenu et répété de façon révérencielle par nous
tous—soit notre prétention d’être amant de la paix. Instruit intentionnellement, remarque bien, afin de dissimuler la
dominance absolue de la mentalité d’armes sur nos normes culturelles, aussi
celle de leur technologie sur toutes nos possessions. L’ultime triomphe du diable est de convaincre tout le monde qu’il
n’existe pas.
Combien de
mensonges aussi vicieux qu’absurdes la mentalité d’armes nous a-t-elle fourrés
dans le crâne ? Combien de camelote
nuisible a-t-elle pu requérir, quand on aurait dû plutôt parfaire la bijouterie
d’une technologie entièrement paisible ?
Quelle est l’ampleur de notre inconscience ? Poursuivons cette lecture.
Dans son
livre, Les technicités et la civilisation,
Lewis Mumford parle de l’influence sur la technologie des mineurs et leurs
mines. Certainement correct : afin
de fabriquer des armes, des maréchaux-ferrants ont requis du minerai ;
pour leur compensation par des tyrans, des métaux et pierreries rares. La guerre de siège n’a été qu’une
élaboration de primitives techniques minières.
Les premiers engins à vapeur et ensuite les premiers engins
d’actionnement réciproque, pompaient de l’eau de mines inondées.
Des pauvres
manants se sont rendus intimes de fusils à culasse, bien avant qu’ils n’aient
vu une ampoule électrique, pris en main un stylo de fontaine ni enfourché une
chasse d’eau, nonobstant que ceux-ci aient été inventés à peu près en même
temps.
Dans cet âge
soi-disant civilisé, d’immenses fortunes sont déversées dans les arts et
virtuosités de la guerre. Aux USA, des
capitaux peu disponibles, dans le développement de chasseur-bombardiers du
dernier cri. Ces merveilles futuristes
ensuite lancées par escadrons entiers, équipées de pilotes entraînés au coût de
millions supplémentaires, afin de bombarder l'infanterie le meilleur marché au
monde.
Selon
Stanley Kubrick, on aurait pu envoyer un appareil spatial équipé jusqu’à
Jupiter en 2001. Cet homme ne fut pas
un sot ; un tel exploit aurait pu être dans nos capacités. Nous aurions au lieu choisi d’envoyer trois
cents chasseurs bombardiers et un corps d’armée en Afghanistan. Quel génie, quelle créativité, quels
dons ! Je te le demande.
Autrement,
prends un simple pistolet. Voici un
objet de beauté glaciale, œuvré superbe, rien que pour l’homicide. Fabriqué en masse, il peut être évalué peu
chère sinon distribué « gratis. »
On peut se faire payer pour s’en servir, au lieu d’avoir à gagner une
vie honnête. Notons aussi : les
munitions à circuits guidés de cet Age de silicium et l’ensemble des satellites
militaires pistonnés en orbite afin de les diriger de façon impeccable.
Nous n’y
trouvons pourtant rien d’insolite ni d’anormal. Nos habitudes de primate meurtrier ne sont parvenues qu’à se
rendre plus complexes. La
tuerie est la première pratique qui embrasse la complexité et l’ultime à
laquelle nous excellons d’ordinaire.
La guerre
est un gâchis stupide par définition, soit la croissance de sa complexité
technologique ; elle nous réclame de suspendre nos doutes quant à ses
ultimes conséquences, nous demande de la pensée magique. La paix est beaucoup plus cérébrale et
complexe, soit que nous rendions son semblant impossible.
Le deuxième
avant-coureur de la science fut la céramique : à présent, une technologie
militaire qui fait bonne science-fiction.
Étant donné le chauvinisme des mâles actuels, il serait tentant de
renvoyer comme des poursuites insignifiantes et féminines, la poterie, le
tissage des paniers et des étoffes, et la gastronomie. Les fragments et restes du foyer sont
pourtant des indicateurs fiables de l’ancien raffinement culturel. La plus inventive et réceptive la
gastronomie, la plus dynamique la civilisation. Quelle œuvre serait plus éphémère qu’un repas ?
En dépit de
l'arrogance patriarcale de l'histoire enregistrée, la vraie civilisation paraît
tourner autour des arts apparentés de la médecine, (surtout l’obstétrique et
l’herberie) la charpenterie, la lessive et donc la plomberie, puis ceux de la
table ; suivis des permutations psychiques, religieuses et divertissantes
de la divination, des contes et récits, de l’astrologie et de la
géomancie : ces épiques que l’on devrait chanter autour du feu du camp
(lire des médias en masse.) De très
vieilles compétences qui ont peu à peu détérioré dans nos fois et idéologies
d’armes. Sans aucune analyse
raisonnable, nous avons jeté de côté notre ancienne sagesse dans l'aveuglement
renouvelable de notre positivisme scientifique. « Je suis scientifique matriculé et comme tel persuadé de
façon positive que vous ayez tort ; aucun besoin de preuve ! »
La troisième
ancienne source de la science fut l'élevage d’animaux : d’abord, des chiens de
chasse, puis des animaux de nutrition, ensuite des mulets de chariot et chevaux
de bataille, parmi d’autres espèces domestiquées. En
poursuite de leur passion, des fermiers adultes et des naturalistes juvéniles se sont rendus en
agronomes, botanistes et zoologues experts.
Leurs paisibles études en profondeur ont attiré beaucoup plus d’attention
en temps réelle que celles équivalentes aux alambiques putrides des
alchimistes, quoique beaucoup moins dans le dossier historique.
Hélas
comptons-nous plutôt pour nous rendre compte du passé, sur des registres de
butin de tyrans graisseux.
Pour tout ce
qu’on saurait convenir, l’épissure des gênes aurait pu être un artisanat
préhistorique au pilon et mortier. Un
peu comme l’étude faite par Mendel de ses cosses de pois, mais des millénaires
auparavant. Tout ce dont on aurait eu
besoin, à vrai dire, n’aurait été qu’une potion magique enlevant la peau des
cellules du noyau nucléaire et de son ADN, puis plein de patience. L’on aurait pu analyser assez rapidement ses
résultats au microscope, sinon croiser des organismes jusqu’au dévoilement de
leurs caractéristiques à l’échelle macro.
Comment dit-on en génétique, la phylogénie ? Cela aurait pris plus longtemps et nécessité
une prêtrise héréditaire sinon des clans d’experts à la longueur de générations
humaines, pour enregistrer les résultats de cette expérimentation.
Il se
pourrait, d’ailleurs, que la vision d’autres hominidés, et peut-être même
d’anciennes espèces d’animaux ou d’insectes ait pu pénétrer aux échelles
microscopiques et accélérer
cette analyse. La plus petite l’espèce, le plus plausible
que sa vision y pénétrerait ; il ne s’agirait ensuite que d’une forme de
communication chimique dont les insectes et surtout les microbes sont
experts. Une espèce terrestre ou
amphibie aurait pu exploiter l’amplification des goûtes d’eau, sinon une
plante, croître des lentilles. Ces
plantes n’existent plus. Mais dans un
passé distant, de telles auraient pu porter des ampoules leur servant comme
lentilles organiques pour magnifier l’énergie solaire, et une autre espèce, en
bénéficier.
Même si
ces suppositions restent sans preuve, (ce qui ne les auraient pas prouvées
invalides) il est certain que des fourmis lèvent d’autres insectes et les
« traient » pour leurs secrétions.
Je parierai qu’ils favorisent leur « bétail » comme le font
les êtres humains, en abattant les mauvais producteurs et élevant les
bons. Je pari aussi que d’autres
insectes sociaux en ont fait autant sinon plus, jadis. Aussi est-ce un fait que des bactéries, des
virus et d’autres micro-organismes se troquent des fragments d’ADN et s’en
servent pour infecter ceux multicellulaires (l’évolution par le biais de la
maladie.)
Ce qui
semble être l’unicité de l'entendement humain et de ses communications, et
l’infériorité d’autres espèces contemporaines et antécédentes, sont des préjudices
sans preuve suffisante pour les confirmer ou démentir.
Les
Apprentis, ne doivent plus jamais mésestimer le génie vital ni la
cocotte-minute pressurisée de la sélection évolutionnaire au fur du temps. Étudions-le humblement plutôt, nous
attendant toujours à un palier inimaginable de complexité et d’ingéniosité
inattendues, soit le perfectionnement de nos sciences.
Mimons-le
aussi minutieusement que possible. Dans
cette adoration du sacré, dans cet amour sans bornes comme celui d’un petit
envers ses parents, pourrait percher la survie humaine. Entre-temps, notre entendement des systèmes
vitaux n’est suffisant que pour entamer leur déstruction. C’est aussi clair que de la boue. Saisissons au moins cela.
Les
scientifiques ne se hâteront pas à la rescousse de l'humanité – comme on les
attend de faire, déçus de façon quotidienne – avant qu'ils n’embrassent quelque
idéologie plus appropriée que la certitude flatulente, le nihilisme ricaneur et
le narcissisme académique. Ils manquent
assez de considération pour le sacre manifeste et en sont amoindris.
Pour prix
fixe, des scientifiques certifiés peuvent rendre douteusement avantageux un mal
accablant, dissimuler des grands crimes, effectuer de la misère en masse et
bloquer des alarmes valides. Ils ont réalisé
très peu autrement, ces deux derniers siècles, comparé à ce que des Apprentis scientifiques auraient pu
accomplir à leur place. Étant donné
subvention suffisante, des docteurs professeurs distingués ont affirmé que
l’incompétence sociale, la guerre, la pollution et l’écocide sont
énigmatiquement salutaires, inévitables sinon « insuffisamment
étudiées : laissez-les donc se propager sans interruption. » Des querelles d’égoïstes publics ont
paralysé des milieux scientifiques qui auraient su autrement s’immuniser de
cette corruption.
Comme des
prostituées assaisonnées, les scientifiques professionnels servent des
conspirations d'avidité : les seules passions
qu’autorisent nos États d’armes. Bien
que quelques talonneurs aient un cœur en or, et de nombreux scientifiques, une
éthique adamantine, il serait peu prudent de confier notre destin à leurs soins
sans ample surveillance populaire.
Cette
sagesse serait-elle insuffisante pour apprécier les complexités de la science
et bien les régler ? Ce serait
plutôt la faute des élites d'info et leurs absurdes protocoles académiques,
que d’elle. On pourrait mettre cette
épave de misère en marche arrière au cours d’une seule génération.
L'épreuve
Q.I. (quotient d’intelligence) est notre jauge contestable du savoir-faire de
cerveau. Développée pendant la première
guerre mondiale afin de classer des conscrits militaires, ses résultats sont
parvenus à rendre dignité au racisme, surtout dans des œuvres d'anti-génie
comme La courbe de cloche.
« C'est une vérité de La Palisse : chacune des guerres fait faire un bond aux sciences et aux techniques. Ainsi que l’ont affirmé beaucoup d’historiens et de philosophes, depuis toujours l'arme a précédé l’outil. Les premières machines sont des béliers, des balistes et des catapultes. Le plus ancien métier du monde est celui de forgeron d’armes et non pas de prostituée, comme l’on prétend. Les premiers chemins furent des routes stratégiques, les premiers canaux furent militaires. Le crédit vient des opérations à terme entreprises par les chefs des mercenaires et la chirurgie est la fille des campagnes de la deuxième moitié du XIXeme siècle. » Jean Bacon, Les saigneurs de la guerre, Éditions l’Harmattan, Paris, 1995, p. 139.
Tels
personnages qu’Archimède, Da Vinci, Michel-Ange, Cervantès, Dürer, Descartes,
Lavoisier, Goethe, Eli Whitney, Somerset Maugham et beaucoup d’autres ont fondé
leur réputation en tant que soldats, espions, ingénieurs de fortification,
armuriers, reporters et bureaucrates militaires : les principaux chemins de
carrière dans une civilisation d’armes.
Les légions
romaines ont figuré parmi les premières usines, produisant du butin et des
esclaves à l’échelle industrielle, selon Marshall McCluan dans Comment comprendre les médias.
Les études
« du temps et des actions » ont d’abord rationalisé la poussée et
parade du jeu d’épée, ont ensuite décrit quelque trente actions requises pour
faire feu avec une arquebuse malcommode, (un primitif canon d'épaule) bien
avant que des tâches d’usine n’aient exigé une telle analyse. L'encyclopédie
Diderot, le socle du siècle des lumières, est un dossier « comment
faire » de primitives industries lourdes : en d’autres mots, de
technologies d’armes. La tourelle
Blanchard, outil primaire de l'industrie moderne, a d’abord été employée afin
de sculpter à la machine des pièces de bois conformes pour des fusils dits de
Kentucky (fusils de chasse Jaeger.)
Toutes les transformations politiques chéries
par nos historiens : de l’allégeance tribale à celle de l’état cité, (soit
tyrannique soit oligarchique) de l’empire au domaine royal, et de la démocratie
représentative jusque notre actuel marché militaire d’esclaves
corporatifs/industriels, toutes ont figuré comme des séquelles et accélérateurs
de la technologie d’armes.
ENSUITE TABLE
DES MATIÈRES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS
: De la terre en armes au monde en paix