SOMMAIRE D’APPRENTIS INTRO ET VOCABULAIRE
Nota : L’expression « Rapture » ne se trouve ni dans la bible ni dans la langue française. Un certain nombre de références bibliques reflètent quelque chose de conforme—mais sans assez de clarté pour justifier prophétie méritoire. Ce n’est pas un sujet de sérieuse scolarité biblique, mais maltraité comme tel en tant que tromperie fantaisiste et réalisation de souhaits indignes.
Jésus dit ne pas connaître l’heure de Son Avènement, que seul Son Père le savait ; il nous avertit de faux prophètes qui oseraient le proclamer (Marc 13.)
Mettez une épave en marche et appelez ça la Bonne Nouvelle ; bourrez autant de crédules à bord que vous pouvez, à destination malencontreuse. Favorisez ou pas ce marivaudage, vous autres fondamentalistes sournois, j’opte pour autre chose.
« Paris avait d'ailleurs acquis une vie plus active depuis que Hugues Capet <http://www.france-pittoresque.com/rois-france/hugues-capetb.htm>, qui l'habitait alors qu'il n'était que comte, avait continué à en faire sa résidence ordinaire ; le mouvement, l'animation qui y régnaient, faisaient déjà rechercher le séjour de cette capitale ; cependant sur la fin du 10e siècle un voile de deuil semblait s'être étendu sur la ville et le sentiment religieux s'était considérablement accru ; c'est qu'une croyance populaire à peu près générale, assignait à l'an 1000 la fin du monde.
« Les historiens du temps passé affirment
que loin de combattre cette erreur, les prêtres l'accréditaient de tout leur
pouvoir. On disait dans les conciles : "Elle approche l'arrivée de Dieu,
dans sa majesté terrible ; du pasteur éternel devant lequel vont comparaître
tous les pasteurs et leurs troupeaux". Les chroniqueurs racontent que dans
les églises de Paris, des sermons annonçaient l’approche de ce jour terrible dont
l'idée éveillait dans les imaginations crédules et ardentes les plus sinistres
images. Aussi, pour ne pas se trouver
indignes de pardon, tous les faibles d'esprit, tous les peureux et tous ceux
qui n'avaient pas la conscience nette se hâtaient-ils de solliciter
l'indulgence divine en portant à l'église des dons de toute nature, sans même
se demander ce que les prêtres pourraient bien faire de ces richesses alors que
le glas de l'an 1000 aurait sonné la derrière heure du monde.
« Riches comme pauvres, grands et petits accouraient pour donner, craignant toujours de se montrer trop parcimonieux envers l'Éternel et revenant de nouveau apporter quelque offrande de nature à disposer favorablement le souverain juge. Et non seulement on donnait, mais partout on priait, en supputant les jours qu'on pouvait encore espérer vivre ; un indicible sentiment de stupeur paralysait le monde ; l'effroi était universel et les chartes de l'époque portaient en latin cette indication funèbre en tête "la fin du monde approche !"
« Les prêtres qui recevaient de l'or, les
abbés et les évêques dont les possessions s'augmentaient de riches domaines,
exhortaient tous les grands pécheurs qui voulaient expier leurs fautes et que
le souci de l'avenir n'inquiétait plus, à se dessaisir de ces biens terrestres,
de ces richesses si souvent mal acquises dont ils n'avaient pas besoin pour
mourir. "Et les moines attendaient dans les abstinences du cloître, dans
les tumultes solitaires du cœur, au milieu des tentations et des chutes, des
remords et des visions étranges," le fatal moment, car eux aussi croyaient
à la fin du monde et il est permis de penser qu'ils espéraient à force de
prières et de libéralités désarmer la colère céleste. Et s'il en fut qui ne
craignirent pas de former un odieux calcul sur la crédulité publique, il est
certain que beaucoup d'autres partageaient l'opinion commune.
« Au reste, on eût dit que la nature
elle-même semblait se préparer à quelque grand cataclysme, les trois ou quatre
années qui précédèrent l'an 1000 furent fécondes en maux de toute espèce,
inondations, famine, maladies pestilentielles : tout semblait s'accorder pour
former une réunion de fléaux destinés à ruiner l'humanité. Toutefois, l'an 1000
arriva et le monde demeura ; lorsque la date fatale eut passé sans tenir ses
sombres promesses, l'humanité se sentit renaître et vivre, et l'on peut dire
que ce fut de ce moment que date la véritable puissance du clergé, qui se
trouva en possession de richesses considérables qui lui furent d'un grand
secours pour asseoir sa domination à travers le monde. La superstition régnait
en maîtresse absolue dans les esprits. » http://www.paris-pittoresque.com/histoire/16b.htm
La majeure partie de la Rapture a duré environ deux semaines ; elle a ronronné assidûment ensuite, tandis que des gens ont disparu par uns et par deux … ici et là, de temps à autre.
Les disparus ne s’agissaient d'abord que de prédicateurs qui crevaient le tympan le plus, d’évangélistes à la télé et de sermonneurs à la radio. La Nouvelle Année débuta un dimanche, quand la plupart des ondes ont saccadé en silence, des sermons radiodiffusés se sont vus coupés à mi-fourberie et une carte de test à la TV a posément cessé des appels incessants pour plus d'argent comptant, de bigoterie et d'exclusion au saint nom de Jésus Christ.
Les pupitres se sont vidés devant des assemblés qui se sont sauvés en panique quand leur prédicateur disparut. Ce n’était qu’ensuite qu’ils comprirent ce qu’ils fuyaient. En dépit de leurs nombres en décroissance, ils sont revenus et ont ardemment prié. Nombreux ceux restés à prier et restés en priant ; seulement certains furent Choisis.
Vois-tu, il fallait un certain talent pour l’être. On devait d’abord prôner son salut ; ensuite aspirer à balancer, sans hésitation ni remords, le restant du monde dans un puits d'enfer ; enfin, prédire l’arrivé du Christ : cela impossible pour Lui selon Ses propres paroles, non moins pour un certain loup en pelisse de mouton, un blasphémateur mortel brandissant sa bible.
Dieu seul connaît l’heure du Retour de Son Fils, Lui seul peut le prononcer. Le Christ en dit autant de façon catégorique—aucun homme moindre n’est qualifié pour Le contredire.
Jésus dit que Dieu pardonnera tout péché sauf celui du blasphème contre le Saint Esprit : le Consolateur que Lui nous a laissé en attendant Son Retour. Que l’aurais-tu cru d’être, à part ce déni ? Seuls des sociopathes l'oseraient. Redoutez et esquivez-les.
Quant à l’exile des juifs et leur retour dans la Terre Promise : eh bien ! Ça c’est déjà passé deux fois dans l’histoire et pourrait se dupliquer une douzaine de fois plus dans les millénaires à venir, selon Son souhait ; sinon plus jamais. Aucun indice fiable là-dedans, du Retour.
Faux prophètes ! À genoux devant vos congrégations et suppliez leur pardon pour vos mensonges évidents, précisément interdits dans la Bible ! Le restant de vous, brebis de Dieu, ne prêtez plus attention à leur blasphème ! Soyez toujours parés pour Son Retour, (comme celui d’un voleur dans la nuit) mais plus jamais trompés par la clameur vide de Son imminence.
La plupart encouraient des difficultés à réconcilier les commandements de Jésus : aimer ses ennemis, ses voisins comme soi-même et mourir pour ses amis ; avec l'idée que la majorité des âmes éternelles n’étaient que de l’ordure largable. Cette espèce de différenciation nécessitait d’immenses clairvoyance et résolution, un manque incomparable de bienfaisance et un ego de géant : des talents extraordinaires dont seuls disposaient quelques-uns.
Les églises se sont d’abord trouvées bourrées ; de longues queues serpentaient tout autour. Elles se sont vidées par la suite. Les restants ont renoncé et ramené leur famille en maison, aussi tristes que des gosses délaissés d’un jeu de recrée.
Ils ont simplement Disparu. À un moment ils étaient là, causant de bêtises sordides ; ils ont disparu d’office. Certains ont grimacé comme si souffrant d’une crise cardiaque ; certains ont haleté comme si pour crier, puis ont de suite Disparu. Des témoins ont rapporté qu’un bruit fugace se fit entendre quand la pression atmosphérique a renflé le petit vide du Balayage Au Loin. Ensuite ont-ils reniflé quelque chose comme le feu d’un pistolet aux amorces, vaguement sulfurique...
On a indiqué que des Choisis ont semblé plus à l'aise en disparaissant d’altitudes élevées. Des gens Rapturés en avion ont souri puis disparu, du moins selon les passagers survivants. Quelques avions se sont écrasés quand tout le monde à bord fut Balayé Au Loin. L'emballement d’avions Lear Jet s’est rendu banal. La plupart des vols civils ont atterri sans complication, copilotes et volontaires secoués aux contrôles.
Des gens ont disparu avec un peu plus d’aise du haut de grands bâtiments, ainsi que des alpinistes en montagne—sinon voici ce qu’on nous a reporté. Denver, Grenoble, Lima, Quito : des lieux typiques de départ agréable. Sur ce, des évangélistes ardents ont recueilli leurs affaires et se sont précipités dans les collines, d’où beaucoup ne sont jamais revenus. Les meilleurs sont rentrés chez eux, découragés d’être Laissés.
Certaines personnes, en descendant l’échelle d’un toit, ont laissé le pied, la cheville et les demies-tibia et -fibule nettement sevrées, avec des coupures correspondantes de chaussette et pantalon. Des évangéliques ont vite compris et se sont mis à camper sur le toit. Personne ne pouvait leur faire descendre et peu l’ont tenté. Certains sont partis de suite ; le restant, les meilleurs, sont restés.
Dans quelques jours, l'aile droite a été amputée du congrès des USA et des législatures d'État. Le parti Republican s’est réduit en pagaille ; les Democrats, pas très mieux. Les quarante-cinq restants au Congrès se sont réunis en session d’urgence pour nominer des remplaçants provisoires. La moitié de la cour suprême s’en est Allée, ainsi que la plupart des juges fédéraux : tous des réactionnaires sûrs. Le bureau ovale s’est vidé dans la maison blanche, de même que la plupart des placements politiques.
Selon des règles d’urgence, une secrétaire (ministre) assistante du département des services humanitaires et sanitaires s’est assurée de la présidence en attendant des élections d'urgence. Cette doctoresse, une franche agnostique du nom de Dean, allait bientôt être virée par l'administration gouvernementale car elle remuait trop d’ennuis sur la planification des naissances, l’assurance universelle de santé, la malnutrition et les pollutions corporatives. Plus personne supérieure à elle ne restait. Personne ne s’est plaint d’elle, bientôt élue présidente. Elle s'est avérée tout à fait satisfaisante à son nouveau poste, de loin supérieure à la douzaine, plus ou moins, précédente.
Les militaires se sont figés au DefCon 1 mais n’ont pu trouver personne à nuquer. La plupart des bunkers de contrôle des fusées se sont vidés, ainsi que les bureaux correspondants au Pentagone. Quelques cadets traînaient dans les académies militaires ; guère mieux équipées celles de la garde côtière, de la NOAA et de la marine marchande. La plupart des collèges militaires privés sont devenus des villes désertes ; les quelques cadets restants n'y étaient plus à l’aise de toute façon et sont partis chez eux. Les vaisseaux de guerre sont rentrés au port avec des équipes de squelette ; des chasseurs-bombardiers ont plongé du ciel comme des moineaux sur un volcan actif. Les militaires américains, ceux qui restaient, furent rappelés d’outre-mer. Cette opération a pris deux mois et s’est conclu sans perte au combat. Les gangsters à la gâchette facile, des deux côtés, s’en étaient Allés.
L’antenne Fox News a abandonné les ondes, tout comme d'autres filiales d’actualités. Les commentateurs réactionnaires s’en sont Allés, qui transmettaient par radio d’amplitude modulée. Des cadres de médias et des hôtes d'entretiens télévisés ont Disparu (devine lesquels.) Les journaux principaux ont cessé provisoirement de publier, obligés de trouver des nouveaux rédacteurs et publicitaires. Personne ne restait pour réclamer « équilibre et objectivité journalistique » et rendre hommage obligatoire au mal.
Au fond, si l’on avait souscrit aux mensonges et hurlé assez fort en faveur de la haine et de l’avidité, on s’en était Allé. Si l’on avait trouvé les membres d’un autre groupe assez terrifiants pour prêcher leur massacre, on s’en fut Allé. Si l’on en avait tué, tourmenté et privé de subsistance autrement que par accident, on s’en était Allé. Persistez de cette manière par accident... tu me comprends.
Selon leur fantaisie, beaucoup de ceux Balayés par la Rapture avaient déjà sacrifié tous sur terre à l’Armageddon puis à la damnation éternelle. Éducation en masse de bonne qualité ? Salubrité écologique ? Paix et justice pour des étrangers délaissés ? Pourquoi se tracasser ! Le monde n’était-il que le cendrier de Dieu ? Aurait-Il été incapable de purifier, dans Son bon temps, toute la crasse et l’horreur que la chrétienté aurait induite exprès pour précipiter Son Retour ? En ce qui les concernait, tous ceux exclus de la Rapture n’étaient pas plus valables que de l’ordure en décomposition. Alors qu'ils ont eu parfaitement raison quant à leur Balayage Au Loin, il est certain que la terre et tous ceux Laissés derrière ont tiré profit somptueux de leur départ.
Qu'est-ce qui leur est advenu, à ceux Pris dans la Rapture ? Qui s'en fiche ? Bon débarras !
Il y aura force désastres et signes dans les cieux, ainsi que des guerres et des rumeurs de guerre, comme depuis toujours. Rien de prophétique dans tout ça. Toutefois, avec facilité étonnante, les choses se sont bientôt améliorées pour toute l'humanité.
Le plus drôle ? Ce n’étaient non seulement des chrétiens fanatiques qui ont disparu. Des musulmans, eux aussi. Certains s'étaient plaints qu'il n'y avait plus d’islam authentique et qu'ils étaient les derniers vrais croyants en Allah. Leurs voisins ne leur semblaient que des hérétiques pro-occidentaux, affectueux d’ordures et propres pour rien que l’exécution par jihad. Les disparus avaient eu tendance à s'accrocher au wahhabite, à la salafiya et à d'autres extrémismes de dictature, prêchant le meurtre en masse pour la plus grande gloire d’islam.
Ou Saoudien ou Texan, tous ces gros propos et gros propre-à-rien ont disparu. Des paperasseries sont parties à la dérive au travers du vide des madrasas talibans et des cours de chrétiens fondamentalistes, dont les étudiants errèrent en maison après la disparition de leurs maîtres de bigoterie.
Ainsi de même pour des hindous et bouddhistes : nationalistes fanatiques, démolisseurs de mosquée, flambeurs de bibliothèque, chefs de lynchage : tous disparurent. Personne ne restât pour rendre blâme aux minoritaires quant à chaque problème social.
Personne, en Inde et au Pakistan, plus jamais passionnément inquiet de l’indépendance du Cachemire. Par un magnifique après-midi typique de ce beau pays, les Cachemiris ont levé leur nouveau drapeau national devant le centre gouvernemental à Srinagar. Personne n'ouvrit le feu, même pour célébrer. La même chose s'est passée au Sri Lanka : ont disparu tous les brandisseurs de pistolet et la paix a éclaté dans leur absence. D'une extrémité de ce sous-continent à l'autre, il y eut la paix. Les gens ont accepté d'être en désaccord et même, de temps en temps, en accord.
En Cisjordanie et à Jérusalem, les nouvelles colonies juives se sont transformées en villes fantômes. Vides tous les ateliers palestiniens de production audiovisuelle, fabriques de bombe et classes d'infiltration. Des hélicoptères d'attaque se sont écrasés vides, sans avoir lancé plus d’engins Hellfire (feu d'enfer) dans des foules de civiles. Des bouteurs blindés se sont calés : vacante leur carlingue à l'épreuve des balles. Les soirées de vendredi, peu de croyants sont revenus du Mur des Lamentations et de la Mosquée du Temple. Les autobus ont repris leurs rondes paisibles et la vie de rue israélienne, ses soirées fraîches de fête. Le grand mur fut posément réduit en mélange de pavé routier et tous ses points de contrôle, démolis. L’État palestinien est devenu une actualité. Tous sont rentrés à la maison, ayant appris à pardonner les maux antérieurs. La vie a continué de toute façon.
En outre, plus personne ne restait pour fantasmer la transformation en chaudrons de verre en ébullition radioactive de Jérusalem, Beyrouth, Alexandrie, Le Caire, Amman, Damas, Bagdad, Téhéran et d'autres berceaux de la civilisation. Ni plus de juifs, ni chrétiens ni musulmans d'aile droite n’ont prié qu’une pluie nucléaire se brise sur les autres. Plus de fanatiques paranoïde-schizoïdiques puisant du livre de révélation ; plus jamais d’administration américaine assez démente pour tordre en actualité ces cauchemars bourrés de haine.
Beaucoup de rabbins orthodoxes et conservateurs sont Partis, ainsi que la plupart des néo-Sionistes. De nombreux juifs restants ont dû se satisfaire de rabbins reformés, tant peu d'autres restaient. Fatah, Hamas, Jihad islamique ? De l’antique histoire palestinienne. La résidence du Vatican se vida, ainsi que la majorité de son université d'archevêques : le sacerdoce catholique, Tranché par moitié. Disparurent les chefs de la conférence méridionale des baptistes américains, et les églises évangéliques rurales sont devenues des choses du passé. Les hiérarchies chrétiennes orthodoxes ? Celles bouddhiques ? Des protestants ? Aucune ne fut épargnée.
Les athées n’en ont été non moins atteints. Le comité central chinois est devenu le central chinois de rien. Pékin et d'autres villes en Chine furent Balayées à nu de police politique et d’informateurs payés. La Place Tiananmen s’est transformé en un forum politique où chaque passant pouvait discourir clairement et à haute voix, debout sur une caisse à bouteilles, comme à Piccadilly Square dans Londres. Les Chinois se sont confirmés des démocrates superbes, une fois laissés à leur compte. On a découvert chaque être humain encablé pour la démocratie, une fois les gangsters Arrachés de leur dos.
L’entièreté de l'appareil politique et militaire a Disparu de la Corée du Nord. Ses citoyens ont finalement obtenu assez de nourriture débarquée aussi rapidement que des cargos ont pu se décharger. Ils ont fait sauter les munitions, démoli leurs armes conventionnelles et nucléaires, et rempli les fortifications—tout ça le sourire aux lèvres. La Corée du Sud s’est désarmée dans le temps qu’il lui fallut pour faire sauter sur place toutes les mines explosives à la frontière et installer au travers des autoroutes et lignes ferroviaires. Des petites grand-mères ont tenu la garde sur la frontière en humiliant les combattants des deux côtés, au point de les forcer à rentrer chez eux. Cela n’a pas été difficile.
Tous les Khmer Rouges ont Disparu sans exception. Le Vietnam a été libéré de ses libérateurs. La Colombie a découvert à quel point la paix était agréable, pour changer un peu. Les Africains et les Américains du Sud ont lâché de profonds soupirs de soulagement et se sont remis à construire. Le bruit de tirs ne s’est plus laissé entendre dans les jungles du Congo ni plus autour des Grands Lacs. Les bâtiments gouvernementaux se sont vidés à Khartoum, ainsi que les bureaux internationaux des fascistes pétroliers les soutenant. Une Soudanaise pouvait rentrer chez elle en toute sécurité, après avoir obtenu de l’eau et de quoi nourrir le feu. Plus un seul « technicien » à Mogadishu ni plus de journées de tirs ni là ni ailleurs.
La même chose s’est produite partout dans le monde ex-communiste ou des tyrans infects avaient grouillé. Ces fanatiques brutaux, seigneurs de drogue et kleptocrates ont tous disparu des centrales du Parti, chambres de torture et blocs de prison ; leur disparition indépendante de striure et de foi : soit des initiés politiques, soit des gros bras mafieux, skinheads nazis ou voyous de guérillero. Être de confession Nazie, c’était s’en être Allé.
La terre s’est rendue dans quelques mois en un lieu fort distinct.
Aux USA, le mariage gai, l'avortement sur demande et de robustes initiatives d’opportunité égale ont été tranquillement légiférés puis oubliés. Personne ne les disputait. On pouvait brûler le drapeau sinon le brandir fièrement ; personne ne s'en est inquiété, du moins pas assez pour violer des droits civiques. La réforme du financement des campagne électorale a été rapide et draconienne, approuvée sans dispute dans les deux chambres du Congrès. La planification familiale a été subventionnée à travers la planète ; les subventions militaires, réduites au centième de celles avant la Rapture, ainsi que ses débours industriels. Tant bien que mal, on s’est trouvé mieux sécurisé qu’à tout moment auparavant.
La prière à l'école était une chose à rendre tranquillement dans sa tête, de manière civilisée. Jésus nous a explicitement interdit de prier en public et en église. Ses propos dans Matthieu 6 ont été obéis à la lettre, maintenant que s’en étaient Allés les théocrates de dissipation militaire. Ceux-ci avaient donné mauvaise mine au Christ et détourné presque tous de Sa Voie : la seule Vraie, évidente maintenant à tous.
L'Amérique s’est rebâtie comme le centre énergétique et environnemental du 21e siècle, après des générations de négligence infâme.
Nous sommes bien au 21e siècle et pas au moyen âge, si je ne me trompe, sous la régie de barbares incultes ?
Sans grande surprise, la même chose s’est reproduite ailleurs. Les régions les plus démunies au monde ont revendiqué un niveau de vie supérieur à ce que les plus riches ont pu se procurer avant la Rapture. Un âge d'or d'études... Les écoles publiques ont accueilli tous et toutes, tout le monde, et obtenu plus qu'assez de financement pour remplir leur devoir.
Les gens se sont demandés ce qu'avait été le problème, puisque les solutions étaient à présent si simples et évidentes...
Les prisons se sont vidées. Ou bien on avait vraiment dû servir une peine au-dedans—sur ce, on s’en était Allé ; sinon, (le cas pour la plupart des prisonniers) rien de tel n’avait été nécessaire—dans ce cas, ont disparu tous les monstres humains qui les avaient flanqués dans cette galère, et ceux-là ont pu sitôt rentrer chez eux. La plupart des communes carcérales ont cultivé des herbes à fumer, tendues par quelques petits larcins restants et les meilleurs de leurs gardiens.
Tous ceux Récoltés par la Rapture n’ont additionné qu'à quelques millions tout au plus : moins d'un sur mille des êtres humains. Les personnes normales, comportant des forces et faiblesses normales et une gamme correspondante de péchés, n'en ont eu rien à voir. Ce n’étaient que des détraqués exceptionnels qui se firent Attraper vers le Haut. Toutefois, la population mondiale s’est laissé doucement tomber dans les décennies avenantes, par consentement universel. Tous les nouveau-nés sont devenus rares, précieux et bienvenus ; plus jamais aussi communs, triviaux et négligés que de la poussière.
La grande majorité des croyants sont devenus des judéo-bouddho-indou-christo-musulmans : un amalgame coopératif et éclectique de ce qui est mieux dans toutes ces fois, le chemin évident pour ceux souhaitant pratiquer la religion mais exécrant ses conflits organisés.
Après tout, Dieu est Allah, est Krishna, est chaque Dieu, n’est rien d’entre eux puis rien du tout, aussi toute autre manifestation fantasmée—le tout en même temps, les mains liés dans le dos. Dieu est GRAND, vois-tu ; ni petit, ni moisi, ni aussi étroit d’esprit que le fondamentaliste typique. Personne Demeurant ne pouvait ni ne souhaitait le disputer.
Les fondamentalistes auraient combattu jusqu’à la mort (d’autrui) pour que cela n’ait jamais eu lieu, mais ils étaient à présent hors du jeu. Personne ne demeurait pour exploiter des convictions pour sa solde de charité détournée, prêcher la mutilation du corps pour le sauvetage des âmes, et rendre donc mauvaise mine à la religion.
L’athéisme trouvait grand embarras à inciter de l’enthousiasme, puisque quelque chose avait dû provoquer la Rapture. Par la suite, chacun a découvert sa part de l'amour de Jésus Christ … ainsi que les fondamentalistes n’ont pu prévoir, pronostiquer ni partager honnêtement (voir Matthieu 6-5.)
La plupart des grandes sociétés d’entreprise se sont effondrées : disparus leurs fonctionnaires principaux. Les gens n’ont acheté que ce dont elles avaient besoin et n’ont vendu que ce qui leur était nécessaire : ni plus ni moins. La plupart des publicités ont disparu avec leurs revenus.
Tout soudainement, la télévision s’est rendue intéressante. Imagine ça : de la programmation astucieuse ! Le Q.I. planétaire s’est redoublé pratiquement d’une nuit. L’on pouvait allumer la radio et écouter des heures de bonne musique ininterrompue sinon des dialogues pensifs sinon des cours à tout sujet—plus jamais d’interminables bagouts sur rien d’important, rompus par des chansonnettes en résidu et des publicités écervelées.
Lentement mais sûrement, on s’est mis à replanter Éden, à la découverte qu’on pouvait cultiver des plantations de pin écossais (Pinus sylvestris) dans la latérite nue des forêts tropicales dépouillées. Ces plantations attiraient des oiseaux et des bêtes, puis leurs crottes remplies de graine ; la jungle s’est étalée par la suite de façon spontanée. Des millions de plantations dans ce genre ont pris floraison, conçues par la communauté de Gaviotas.
L’application agro-industrielle de la terra preta a succédé aux engrais minéraux et entamé la restauration des terroirs mondiaux.
La crasse et le péril des réacteurs nucléaires ont été abandonnés en faveur de celles plus propres et fiables, alimentés au Thorium.
À travers le monde, les pauvres ont découvert qu'ils pouvaient construire, à leur propre compte, leur logement frais l’été et chaud l’hiver, à l’épreuve de tremblements de terre, de dômes de Roumi fabriqués de briques de terre cuite dans des fours solaires très bon marché. Personne n’a dû demeurer sans abri, maintenant que tous les pilleurs de maison s’en étaient Allés et que Nader Khalili nous a démontré un meilleur dispositif.
Partout sur terre, un voyageur las pouvait frapper à une porte et s’attendre à la bienvenu, un bon repas et de l’eau propre. Partout dessus, des bons fermiers pouvaient cultiver leur récolte avec de bonnes eaux plus jamais polluées à cause de la brutalité humaine.
Ce que l’homme n’est jamais parvenu à réaliser, Dieu l’accomplit tout seul. Pendant cette ultime révolution, les tyrans furent Renvoyés et les doux ont hérité de la terre—sans répand de sang, à l’heure prévue et comme promis.
Chacun s’est réjoui des nouvelles grâce, prospérité et liberté récemment recouvrées. Personne ne s’est chagriné du départ des fanatiques―à l’exception peut-être de leurs mamans et gosses : les rares restants.
Même à ce point, je crains de ne différer suffisamment de ceux Choisis pour être épargné leur sort. Moi aussi, je condamne des individus que je dédaigne et crains ; moi de même, je compte sur Dieu pour m'accorder salut tout en leur niant la même chose.
S’il Te plait, Seigneur compatissant, ne me condamne pas à endurer toute l'éternité en leur compagnie ! Ce serait là un enfer incontestable. La justice de Dieu doit sûrement…
[Ces notes trouvées sur un toit abandonné.]
ENSUITE
TABLE DES
MATIÈRES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS : de la terre en armes au monde en paix