SOMMAIRE D’APPRENTIS
INTRO ET VOCABULAIRE
« Ainsi ai-je fait la morne découverte, dans le temple manichéen K, d’une bibliothèque entièrement détruite par l'eau. Quand j'eus déterré l’entrée de son amoncellement poussiéreux de lœss sablonneux, nous trouvâmes au seuil le cadavre desséché d'un moine bouddhiste assassiné, dont le vêt rituel était tout taché de sang. La pièce entière où menait cette porte était couverte d'une masse d'à peu près soixante centimètres de profondeur, qui s’est prouvée des restes de manuscrits manichéens. L'eau de lœss avait pénétré ces papiers, les avait collé ensemble et, dans la chaleur accablant de l'été ordinaire par là-bas, avait rendu en lœss tous ces livres valables. J'en ai pris quelques échantillons et les ai soigneusement séchées, dans l’espérance d’en sauver quelques-unes. Mais ces pages séparées se sont émiettés et sont tombés en petits fragments, sur lesquels on pouvait encore entrevoir des traces de traits admirablement calligraphiées, entremêlés de celles en miniature, exécutées en or, bleu, rouge, vert et jaune. Un énorme trésor fut perdu là... » Albert Von Le Coq, Trésors enterrés du Turkestan chinois, Oxford University Press, Oxford, New York, Toronto, 1985, p. 61; par autorisation d'Oxford University Press.
La ruine en question s’est appelée Khocho, Ephesus, Dakianus, Idikuchahri, Kao-chang et Karakhoja : cette chaîne de noms nous révélant l'arc-en-ciel de peuples qu’elle eut logé dans le temps. Du reste, je ne traduirai pas ce chapitre dans son entièreté, n’ayant aucune envie de deviner l’appellation en français de toutes ces anciennes villes.
Von Le Coq, un allemand d'extraction huguenote française, eut la bonne fortune de mourir avant la seconde guerre mondiale. Avant et après la PMG, il avait soigneusement ramené des quantités énormes – de quoi remplir des musées entiers – d'art inestimable, de manuscrits et de trésors abandonnés sur la route des soies ; sinon les aurait-il pillés, selon ton point de vue. Pendant la DGM, ces trésors furent incinérés sous une grêle de bombes pyrogènes alliées. D’innombrables écoles, bibliothèques, musées, maisons d'adoration, dépôts de manuscrits, et traditions orales, annihilées concurremment. Cette annihilation perdure alors qu’on en discute sereinement.
Ce chapitre est un aperçu désinvolte de la destruction d’anciennes archives et bibliothèques. Dans de nombreux cas, la seule mention d'empires et de villes capitales demeure le dernier indice de ces collections disparues. Ces textes ont pu détenir des pièces vitales de notre puzzle de données. On est tellement futé, personne n’est parvenu à se souvenir du destin de la plupart de ces archives disparues.
Selon Le principe de Lucifer, par Howard Bloom, les êtres humains se coagulent dans des « super organismes » sociaux, parfois fondés sur le partage de gènes et de géographie, mais plus souvent sur celui de memes : « théories, cultures [et] visions du monde. » Richard Dawkins inventa l’expression « meme » dans son livre, Le gène égoïste, Oxford University, 1976. L’impitoyable compétition entre ces super organismes de meme, provoque la plupart des mauvaises poursuites de prisme. La dissémination d'Apprentis et de textes semblables figurerait l’assaut en escalade du plus dominant de nos memes culturels : la mentalité d'armes.
Tracer l’affaissement des grandes bibliothèques, ce serait un peu comme répondre à l’énigme zen : Quel son rend la chute d'un arbre si personne ne soit là pour l'entendre chuter ?
Si ça t’ennui de lire une longue liste de dates et de noms de lieu, parcours les paragraphes qui suivent, et saute le restant de ce chapitre. Tu commenceras à concevoir les énormes lacunes de mémoire qu’on ne peut ni laisser tomber ni recouvrer. De prodigieux trésors d’info ont sombré en oubli total, et des données paisibles, peut-être cruciales à notre bien-être, ont disparu en taux alarmants, presque aussi rapidement que les Apprentis ont pu les concevoir.
Scrute tes alentours et souviens-toi qu’on
se met à table devant une géante pizza super luxe qui s’étire jusqu’à l'horizon
puis à l'infini, entassée d’écimages et de délicatesses les plus
savoureuses. Mais nous restons
affamés parce que nous ne focalisons
l’attention que sur une seule petite tranche d’un petit degré d’étroitesse de
la tarte, carbonisée au noir et rongée à nu : la terre en armes et ses
supports périphériques. Le restant
illimité ? C’est le monde en paix qu’on insiste à pousser hors de vue et
hors d'esprit comme fausse science, magie, rêve et utopie.
Ce chapitre lustre de vastes étendues d'espace-temps. Bien souvent, des contes de destruction ont accru si impudiques et redondants que j’ai dû sans autre choix en abréger, condenser et sauter entièrement un grand nombre. J'ai contesté la myope vision du monde héritée de mon instruction occidentale. Selon elle, l'univers figure comme une la cible idéalisée d’un jeu de dard représentée comme de suite. La noblesse caucasienne et sa haute bourgeoisie, leurs flagorneurs et satiristes, occupent un mille géant de glorification exhaustive ; les pires assassins et pirates dans l'histoire sont honorés de saluts cérémonieux ; et une étude intensive est faite des tribus de guerre juives, grecques et romaines—au dépens de tous les restants.
Même ces tribus éminentes se sont vus 99% sinon plus de leur littérature anéantie.
L'investigation littéraire se rend un peu plus intéressante en recherchant des épiques perdus, peut-être les contemporains de l'Iliade et de l'Odyssée, sinon d’autres écrits d’Homère. Selon l'édition en anglais de L'Encyclopédie Larousse de la mythologie, une épique perdue s'appelant Le Retour, est supposée narrer le retour depuis Troie de la flotte restante grecque commandée par Agamemnon et de leur naufrage, hormis le vaisseau Pénélope de l'Odyssée. Puis il y a l'Oichalias halosis ou La saque d'Oichalias, dont il ne reste qu'un seul verset. Celui-ci a pu être le troisième livre de la trilogie Homérique mutilée. (Citation en anglais de http://omega.cohums.ohio-state.edu/mailing_lists/BMCR-L/2002/0396.php.) Je miserai que ces deux œuvres furent bien moins enthousiasmantes quant aux gloires de la guerre : la raison principale, sans doute, de n’avoir pas survécu.
Autrement, un inventaire inflexible de romans d’opéra de lessive et de calembours philosophiques, (les grands livres, à quelques exceptions près) a été sélectionné pour son ennui fracassant, verbiage labyrinthique, (voir Kant, Marx et al.) réductionnisme biographique, insignifiance redondante et obscurantisme autoritaire. L'ultime utilité de cet inventaire peut être résumée ainsi : il fournit un parcours d'obstacle parfaitement incommodant aux étudiants d’école supérieure, aussi un code culturel complexe, les éléments duquel des élites d’armes peuvent se troquer avec enthousiasme et sans fin, sans jamais parvenir à l’explication de leurs pires contradictions sociales. Cet écran de grasse fumée qui n’enseigne jamais rien d’important, voici du génie pur ! Alors que nos vrais textes d’apprentissage ont disparu.
Une poignée de textes religieux, âgés de milliers d’années, fournit une embauche sécurisée pour leurs anciens rédacteurs publicitaires dont l’ignorance fut enveloppée en ambiguïté. Des fondamentalistes contemporains nous honorent avec leurs interprétations « littérales » d'égale valeur et clarté.
Des technologies bornées d'armes sont analysées en détail microscopique, ainsi que l'échafaudage inerte de dogme scientifique les soutenant ; ensuite sont-elles déclarées les seules certitudes dans l'univers. Je n’ai jamais entendu de telles sottises formulées avec autant d’enthousiasme depuis peut-être Lagash. Entre-temps, très peu de textes n’existent à propos de la destruction de l’ancienne pensée … ou de la paix en général, du reste : peut-être les sujets les plus importants et les moins bien documentés sur terre.
Les dates historiques paraissent fluctuer en proportion du nombre d'historiens consultés et en inverse à leurs expressions de certitude. Par égard à la commodité, je me suis servi de la dernière date référencée, à condition qu’elle n’ait tenue bon avec les événements adjacents. J'ai invoqué Procruste quand des dates ont dû être égalisées pour aller mieux ensemble. Déchiré entre la relation temporale de ces événements et leur stricte chronologie, je crains avoir rendu violence aux deux.
Mes remerciements à
Hammond Past Worlds: The Times Atlas of Archaeology; Encyclopedia of
Library Science; The Timetables of History – The New Third Revised
Edition par Bernard Grun; Timelines of War: A Chronology of Warfare from
10000 BC to the Present par David Brownstone et Irene Frank; The
Encyclopedia of Military History par les frères Dupuy; Joseph A. Tainter, The
Collapse of Complex Societies; Grousset, The Empire of the Steppes: A
History of Central Asia, traduit par Naomi Walford ; et War and the
World: Military Power and the Fate of Continents par Jeremy Black.
Ces textes et d'autres cités en dessous
m’ont fourni beaucoup de référencements et de chronologies ; encore plus
n'ont pas reçu la mention qu'ils méritent.
Je crains ne pas les avoir lus avant de débuter la documentation
sérieuse de mes recherches. Je suis né
ne connaissant rien de ces rubriques, ainsi aurais-je dû en signaler chacune.
Les anciennes villes ont formé des tas séquentiels de ruines, fondés sur une combinaison d'eau douce, de récoltes dignes de confiance, d’opportunités économiques, de terrain défendable et d’accessibilité physique. D’habitude, une voie d’eau navigable – l’autoroute naturelle pour l'ancien transport de charge et la source fiable d’une grande quantité de protéine de meilleure qualité : la pêche – fut indispensable pour ravitailler une vraie ville ; chacune construite sur les ruines de celles préexistantes et peut-être d’élégance supérieure.
Pour chaque collection disloquée de textes récupérés du passé, des centaines de bibliothèques royales et des milliers d’histoires à l’orale n’ont pas survécu. On a oublié un nombre incalculable de guérisseurs pré-écrits, de bardes, scribes, sibylles, chamans et mages, tant bien qu’auteurs, rédacteurs et bibliothécaires conventionnels. Eux tous ont commémoré la sagesse de leur peuple ; eux tous oubliés.
Par exemple, des 142 rédigés de Livie, il ne reste que 35. Lui fut parmi les mieux documentés des anciens historiens romains. Tu trouveras quelques autres exemples dans ce livre ; faudra imaginer beaucoup d’autres dont aucune documentation ne subsiste. Lors de ta lecture de ce chapitre, tu auras à te figurer d’innombrables archives réduites en cendres et poussière, penser aussi à d’exquis poèmes, religions, médecines, psychologies, botaniques, etc. – des civilisations préhistoriques entières, commémorées d’autant à l’oral qu’à l’écrit – s’étant fait à jamais taire.
Souviens-toi, la plupart du temps historique, des soldats ont rarement été payés qu’avec des armes, des rations et du butin (et très souvent, une carence d’eux.) Là où les anciennes armées ont marché, la misère suivit de près parmi les non-combattants du camp.
Rappelle-toi aussi que la tyrannie de Saddam Hussein fut en grande partie moyenne comparée à la plupart de celles plus anciennes, et que ses nombreuses persécutions et crimes n’ont à peine équivalus à ceux des antiques seigneurs de guerre. La rancune et les fantaisies de rachat de dette ont dû empester pour autant parmi les habitants d’anciennes villes, que des rêves d’Ali Baba : s’emparer en vitesse du trésor alors que personne ne tenait la garde.
De ce fait, quand le « changement de
régime » créa un vide momentané du pouvoir, des criminels locaux ont dû se
soulever en émeute, pillage et arçon, tout comme les pires des Bagdadiens quand
ils ont trouvé l’opportunité. Tout le
butin urbain que des armées n’avaient détruit ou emporté, des survivants locaux
auraient pillé.
J'ai entrepris de noter la destruction d'autant de grands patelins que j’ai pu découvrir. Mais ne présumes pas que la paix ait régné ailleurs pour la seule raison que je n’ai pas signalée de guerres dans ce continuum d’espace-temps. Au fond, aucune civilisation n'a su éviter la guerre pour plus longtemps qu'une génération. Regarde-nous qui ne l’ont pas réussi. Nous : tellement plus avancés, émérites et amateurs de paix !
Des catastrophes naturelles ont souvent rattrapé des civilisations entières. Au moins tous les cinq ans tout le long des derniers quelques milliers, quelque part au monde, une importante collection de données a souffert d’un dégât considérable en même temps que sa population hôtesse. Assez fréquemment, des civilisations indépendantes se sont écroulées simultanément à travers la planète, peu importe l’écart de leurs villes.
Alors que des inscriptions vantardes et des grands registres de butin ont permis aux graisseux seigneurs de guerre d’enregistrer la dévastation résumée ci-dessous, aucun Apprenti lettré n’a nécessairement survécu pour regretter à l’écrit la terminaison de sa civilisation remarquable. Celles entières ont sans doute été gommées de la mémoire humaine : la majorité, probablement, et certainement celles parmi les plus paisibles.
Selon Rick Potts, dans La descendance de l'humanité, William Morrow and Co., New York, 1996, pp. 201-203, l’objet symbolique le plus vieux serait une figurine féminine sculptée d'un caillou exotique, déterrée d'une creuse israélienne et datée de 230.000 ans. L’on a trouvé, en 2003, une lame de silex admirablement taillée, placée dans un creux funéraire datant de 300.000 ans et celles un peu moins bien faites, de 500.000 ; en 2008, des traces d’un feu fait exprès, vieilles de 790.000 ans. Datant de deux millions et demi d’années en Afrique, des outils reconnaissables de pierre ébréchée et des bifaces mieux développés. Toutes sortes de trousses d’outils de poigne spécialisés ont évolué il y a environ 150.000 ans, comprenant le trafic régional de certains genres de pierre favorisés. Depuis 130.000 ans, des néandertaliens sculptèrent, encochèrent et gravèrent des os et des dents d’animaux. Des symboles reconnus humains se sont répandus depuis à peu près 40.000 ans, et leur diversité a explosé il y a environ 18.000, quand des flèches climatiques de glaciers menaçants au Nord et de déserts givrés au Sud ont refoulé les survivants humains dans le croissant fertile.
Nos ancêtres, humains et préhumains, ont été martelés sans pitié. Nous sommes une progéniture mise à l’enclume de l'histoire : pliée et battue en mille feuilles comme le meilleur acier d'épée japonais sinon la patte d’un napoléon. L’ADN humain fut brutalement projeté à travers des goulots génétiques : annihilées toutes sauf une poignée de lignés de descendance. Cela nous a si souvent déchu que nous sommes devenus très durs, tranchants et friables ainsi que des frères et sœurs très proches, les sept milliards d’entre nous.
Des codes personnels, aides mémoire et écrits dépéris ont pu guider des civilisations néolithiques, (depuis 10.000 à 50.000+ années) paléolithiques, (encore plus vielles) sinon prèhumaines.
Après tout, les quelques baleines bleues qui subsistent de nos jours partagent à travers la planète des chansons qui durent toute la journée et varient selon la saison. Est-ce que leurs chants démontrent une culture avancée mais démunie de technologie dite « dure ? »
Mis à part quelques bibelots, murales de caverne, ficelles nouées et sites d'enterrement, nous ne reconnaissons aucun tel registre ni marque de culture. L'étendue de notre arrogance est stupéfiante, n’équivalant qu’à la profondeur de notre ignorance.
Denise Schmandt-Besserat a publié son idée de génie dans Avant l'écriture, volume un : Du comptage au cunéiforme, University of Texas Press, Austin, 1992. Elle a découvert que des jetons d'argile furent employés comme aides de compte et de mémoire, bien avant le développement de l'écriture comme on la reconnaît (de 8.000 à 4.000 AEC – avant l’ère chrétienne.) Les premières transcriptions ont été des inventaires en code inscrits à l'extérieur d'enveloppes en argile contenant ces jetons. De tels ont été découverts dans beaucoup de creuses préhistoriques : parmi les premiers objets en argile. Jusqu'à sa découverte, on n'avait jamais présumé l’existence d’écritures préhistoriques. Vanité humaine typique.
Dans Le calice & la lame, Riane Eisler présente un cas impérieux. Elle base son interprétation sur l’œuvre de Marija Gimbutas, Le langage de la déesse : Déterrant les symboles cachés de la civilisation occidentale, 1989, Thames and Hudson, London (en anglais.)
Il y a environ dix mille ans, des sociétés matrilinéaires adoraient la Déesse. Ses adeptes occupèrent des sites non fortifiés à travers l’Europe, l’Anatolie et le Moyen-Orient. Apparemment, ces gens furent divisibles selon les articles qu’elles déposèrent en sépulture : le peuple des cruches et celui des haches. Ceux-ci enterrèrent avec leurs défunts des cruches (à boire ?) en métal malléable, et ceux-là, des hachettes à lame de pierre, façonnées minces et circulaires en demi- ou quart de lune, donc fragiles et inefficaces comme armes.
Leurs lieux d’habitation, affectueusement sélectionnés pour de belles vues, des champs fertiles et de l'eau douce tout près ; leurs maisons, d’une bonne qualité constante et d’un dessein étonnamment courant, se vantaient de pièces multiples aux murs blanchis ; pourvues de portes à verrouille, d’étagères par-dessus la tête et de fenêtres à membrane claire. Leurs grains furent entreposés dans des creuses soigneusement revêtis d’argile, ce qui scellait l'humidité en dehors et au-dedans des gaz de fermentation nuisibles aux insectes.
Est-ce la raison que les limonades et la bière descendent si bien avec notre mal bouffe ? Leur contenu de bioxyde de carbone nuirait-il aux méchants organismes qui provoqueraient de l'indigestion autrement ?
De l'Europe et l’Asie occidentale jusqu’à de nombreux lieux en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, on a retrouvé des dépouilles couvertes d’ocre rouge et des sites d'enterrement remplis de fleurs. Beaucoup de figurines féminines stylisées ont fait surface, ainsi que des têtes sculptées de taureau, des crêtes de lune et des haches aux têtes doubles, fabriquées de minces billets de cuivre, (c'est-à-dire ornementales et ne pouvant servir comme armes.) Des emphases élitistes, telles qu’armes, armures et fortifications citadines, ont été en grande partie absentes.
C'est à savoir, comment ces gens ont disposé des sociopathes et psychopathes que projette inévitablement la génétique humaine. Les plus sournois ont-ils pu être ostracisés puis exilés au loin dans la nature ? Des survivants de ces exilés ont pu rayonner sur les steppes eurasiennes et former les hordes meurtrières décrites ci-dessous. Sinon j’ai peur que ce culte de déesse aurait impliqué le sacrifice sélectif d’êtres humains les plus ternis.
Ce culte reflétant peut-être à une
civilisation supérieure et précédente, noyée depuis ?
Robert O'Connell, dans La chevauchée du second cavalier : L’enfantement et décès de la guerre, conjecture que les êtres humains ont débuté en tant que chasseurs charognards paisibles et entièrement libres, du type Bushman. Ils ont d'abord élevé avec grand dévouement un petit nombre d’enfants en adultes sains et sagaces.
Ensuite sont-ils tombés dans le piège des plantations. En échange d’une source de nourriture un peu plus fiable, ceci leur a exigé main-d’œuvre interminable au dos voûté, soumission inaccoutumé aux chasseurs et hyperactive fertilité féminine.
Les femmes, piégées dans cette plantation, ont dû faire naître trop d'enfants. Ainsi ont-elles été trop abusées, dégradées et surmenées pour leur rendre des soins adéquats. Par exemple, l'allaitement prolongé a été une méthode naturelle de contrôle des naissances avant le piège des plantations, abandonnée depuis ; aussi assurait-il que la plupart de ces enfants bénéficieraient d’attention et de caresses prodigues pendant leurs cinq premières années.
Des bébés portés à la hauteur d’adulte associeraient naturellement cette perspective au monde, beaucoup mieux qu’ils ne l’apprennent aujourd’hui en rampant et en étant roulés par terre. Portés et caressés depuis l’âge le plus tendre pendant leur temps en éveil, ils ont dû grandir pourvus d’ossature, de musculature et de systèmes immunitaires plus robustes aussi de filets neuraux mieux développés.
Le piège des plantations leur retira ces bénéfices de chasseur glaneur, en raison du surmenage, de l’épuisement et de la négligence de leurs parents. Ces problèmes se sont aggravés sous la gérance de l’hydro-agriculture au niveau villageois, ce qui nécessitait une main-d’œuvre encore plus intensive. Ils se seraient finalement rendus intraitables par des gens libres, quand des civilisations hydrauliques et leur gérance esclavagiste – les organisations d’armes dont nos historiens aiment le mieux s’extasier – ont exigé des corvées saisonnières.
Peu importe la dure besogne de ceux rattrapés dans le piège des plantations, des famines terribles ont suivi des années passagères de largesse. Tandis qu’une fertilité hyperactive multipliait la main-d’œuvre rurale, hâtait-elle d’autant le surpeuplement, les épidémies et la haute mortalité infantile. La population de haute densité qu’exigeait l'agriculture, a rendu ces fléaux inévitables. Somme toute, des écosystèmes trop durement cultivés se sont écroulés et la famine s’ensuivit de près. La guerre est devenue la méthode préférée d’ajuster minutieusement ce moteur au mouvement cyclique de hausses et de chutes subites de population.
S'ensuivit la fente entre Abel et Caïn: le fermier et le gardien des troupeaux. Note que, contrairement à nos préjugés, ce fut le fermier trouvé coupable dans ce conte dont des nomades bibliques ont dû être les initiateurs.
Le vilain est toujours L’Autre dans ces histoires, bien que, du point de vue psychostatistique, la plupart de nos amis potentiels appartiennent aux Autres, et la moitié de nos vrais ennemis, aux siens. Notez bien.
À propos, les bêtes d’exploitation ont incubé la plupart des épidémies humaines. Celles pandémiques ont dû attendre l’arrivée du monde urbain. Peu de maladies n’ont pu sauter des animaux sauvages aux chasseurs glaneurs et puis s'étendre au-delà du site initial d'infection. Ceux-ci ont été trop isolés de leurs associés, la plupart du temps, comparés aux citadins.
Je commence à me changer d’avis ce concernant. La transmission de pestes globales par voie d’oiseau sauvage, comme celles qu’on note à présent de la grippe aviaire, du virus du Nil occidental, etc., aurait pu frapper ces chasseurs glaneurs tout aussi durement. Faute d’un tabou compulsif qui leur aurait interdit la consommation d’espèces maladives – donc plus faciles à attraper en vol et cueillir une fois échouées – celle-ci aurait présenté un danger de mort d’autant aux chasseurs glaneurs qu’aux citadins. Étant donné des cieux remplis d’oiseaux contaminés et le maquis grouillant de charognards également maladifs, l’isolement relatif de ces chasseurs glaneurs, comparé au coude à coude du citadin, aurait été sans rapport à ce problème épidémiologique. Sinon cette maladie aurait pu se propager au moyen antédiluvien de ces crasseuses piqûres volantes : les moustiques.
De toute façon, des gardiens de troupeau ont été les plus miséreux en fin, leurs troupeaux amaigris au point d’être indignes de commerce. C’est alors qu’ils auraient été tentés de faire la razzia des communautés d’exploitation agricole et d’en arracher leur surplus connu. Mais rentrant chez eux surchargés de butin, ces larcins furent vulnérables à la poursuite rapide, à l’embuscade et aux représailles. D'après O'Connell, ils ont eu recours à de l’ultraviolence à l’encontre du fermier villageois, afin que son choc et chagrin retardassent ses détachements de poursuite. La réaction horrifiée du fermier fut de fortifier ses murs de village. Ces clôtures fortifiées se sont rendues en cocotte-minute de stress social, de peste et de tyrannie. Qui plus est, les fermiers fortifiés ont commencé à attaquer leurs voisins non fortifiés. En fin de compte, toutes les communautés survivantes furent rattrapées dans ce jeu sanglant. Ainsi conclut M. O'Connell.
Cet aboutissement aurait ressemblé à celui des anciens Iroquois. La guerre intertribale, nourrie par la surpopulation et le rabais des ressources, c’est rendue si brutale que l’anarchie chaotique finit par régir. Personne ne pouvait se hasarder sans risque au-delà de ses fortifications tribales pour glaner, puiser de l'eau, soigner la récolte et aller à la chasse ou la pêche. La malnutrition régit les huttes longues et le cannibalisme s’y rendit banal. Aucune mythologie guerrière n’a pu survivre les abus d'une telle conjoncture.
Les Iroquois ont enduré une pérennité de misère jusqu'à ce qu'ils aient prêté attention aux mots de leur forgeur de paix, Deganawida. Lui appartenait à la tribu Huronne et aurait dû être considéré un étranger et une menace potentielle. Au lieu, quand il prédiqua de la paix, de l’abondance et de la confédération, ils l’ont écouté et suivi avec dévotion ses conseils. Ainsi surgit la plus forte des confédérations indiennes : les Six Nations, gouvernées en paix interne pendant des siècles.
Enfin, le désaccord entre l’isolationniste,
le pro-français et le pro-anglais a réduit cette confédération en la proie de
prédations et d'épidémies occidentales.
Les rédacteurs de la constitution américaine ont puisé de précieuses
inspirations et modèles exécutifs des traditions politiques Iroquoises. La première constitution américaine, écrite
sur du wampum.
Riane Eisler élabore de façon légèrement différente les premières manifestations organisées de la brutalité humaine. Depuis 5.000 ans AEC, des bandes de guerriers Kurgan ont envahi toutes les communautés non fortifiées d’adorateurs de la déesse. Apparemment, ils ont exterminé tout le monde rencontré, à part des jeunes filles. Quelques palais imposants furent bâtis parmi de nombreux taudis, inhumations de sacrifices humains, cachettes compliquées d'armes et palissades fréquemment incendiées. Ces fortifications perchaient sur des monticules et des escarpes branlants : aussi laids, rudes et inaccessibles qu’inconfortables. La régie de la conscience morale humaine a été noyée dans le sang d’innocents. On ne s’est jamais remis de ce désastre global.
Des belles figurines modernistes remontent depuis 3.500 AEC sur les Îles Cyclades. D’autres objets de culte ont pointillé les rives de la Méditerranée.
L'adoration de la déesse ne survit qu'à peine aujourd'hui : décimée à maintes reprises par décret patriarcal. Des élites aussi sophistiquées d’armes que les nôtres ont ont dû exercer tout plein de patience et de ruses afin de l’extirper. De nos jours, la désinformation remplace la brutalité ; les adoratrices de la déesse sont calomniées et banalisées au lieu d'être simplement massacrées.
Des chroniqueurs subséquents ont évoqué un « âge d'or » depuis longtemps disparu. Ils ont consigné les générations consécutives aux âges dégénérés de bronze et de fer, correspondant aux matières premières d'armes retenues en main.
Les Védas de provenance indienne décrivent une succession d’époques (Youga) d’encore plus longue date, se rassemblant en cycles d’environ 24.000 années, chacun correspondant à la récession de l’équinoxe vernale : la rotation complète dans le firmament de l’axe polaire terrestre, aussi l’oscillation du plan des orbites solaires d’en dessus jusqu’en desous de l’équateur galactique, dont la science moderne confirme l’étendu chronologique.
L’humanité vient d’émerger de (de s’introduire dans ?) la Kali youga : l’ultime et la pire de quatre époques, dont la moralité, l’empathie et la bonté aient pratiquement saigné à blanc comparée aux Youga précédentes. (En anglais) http://cycle-of-time.net/cycles_of_precession.htm.
Dans ce scénario, nous devons être le peuple de dioxine issu de l’âge du plutonium, « à demi en argile et à demi en fer » d'après le cauchemar de Daniel dans l’ancien testament. Nous nous serions rendus en êtres dégénérés, se sauvant des sabots acérés des quatre cavaliers auxquels nous avons cédé cette planète : famine, pestilence, guerre et trépas. Par contre, puisque nous nous sommes évidemment écrasés dans les profondeurs les plus basses, en ce qui concerne notre moralité, il ne semble rester nulle part où aller sauf à la remonte.
La civilisation chinoise a émergé presque mille ans après celle Nilotique et à mi du temps depuis celle Dravidienne. Une Chine néolithique et paisible semble avoir subi dégénérescence analogue. La cultive du millet y date de 8.000 AEC dans le Nord, et du riz, de 5.000 AEC dans le Sud. À partir de 3.000 AEC, une reconnaissable transition archéologique, de paix pastorale au chaos militaire, a broyé la Chine sous les sabots de cavalerie nomade surgie de l’Asie Centrale.
Des découvertes récentes (2008) en Syrie démontrent que des céréales sauvages avaient été amassées depuis 15.000 à 18.000 ans, donc avant le dernier maximum glacial. http://www2.warwick.ac.uk/newsandevents/research_pushes_back/. Le déterrement de communautés d’agronomie primitive presque aussi anciennes serait probable dans l’avenir. Des fragments de pots datant du 16e millénaire AEC ont fait surface sur les îles japonaises de Tsushima, Kyushu et Shikoku.
À partir d'une carrière inconnue, la construction d'une série de terrasses aménagées a impliqué la levée à 885 mètres de hauteur sur le mont Padang, de plus d'un million de tonnes de blocs en pierre moyennant 300 kilogrammes pièce. Ces rares blocs en pierre de Gunung Padang sont lithophones, c’est dire qu'ils sonnent de leur propre musique. Ce mystérieux ‘Haut lieu du soleil’ indonésien date de 14,000 AEC.
www.newdawnmagazine.com/articles/mankinds-cradle-of-civilisation-found-in-java
À Nan Madol, 250 millions de tonnes de basalte prismatique et des milliers de mètres cube de corail furent empilés dans des tours et des cours atteignant jusqu'à huit mètres au-dessus de la mer, en 96 îles artificielles sur une superficie de plus de 18 kilomètres carrés. Sa situation d'archipel au loin dans le Pacifique occidental, avec ses structures en pierre sur l'île de Pohnpei, interdit une date géologique exacte.
Des centaines de menhirs équarris ont été découverts en 1994 à Gobekli Tepe en Anatolie. Ces pierres, empilés l’une sur l’autre en forme de T et sur lesquels sont sculptés des frises en haut relief d’animaux et de formes humaines stylisées, datent d’au moins 9.000 ans et donc de 7.000 AEC sinon auparavant : avant même l’ère de l’agriculture reconnaissable. http://en.wikipedia.org/wiki/G%C3%B6bekli_Tepe.
Parmi les plus anciens villages néolithiques connus, Catal Huyuk aussi se trouve en Anatolie, fondée environ 7.000 AEC. Des dessins, sculptures, outils, armes et même une carte de ville ont été trouvés là.
Mehrgarh, la ville primordiale dans ce qui est maintenant le Pakistan, fut fondée au 7e millénaire de l’AEC. Lepenski Vir, aux portes de fer du Danube, fut occupé environ 6.000 AEC. Ses habitants furent des villageois chasseurs glaneurs avant de s’être rendus en fermiers, prouvant que cette option nous reste ouverte ; ainsi que l’ont démontré des tribus indiennes sur la côte nord du Pacifique (celle parmi les plus riches en Amérique) dont les communautés fixes étaient fondées sur la pêche du saumon au lieu de l’agriculture. C’est à savoir, combien de communautés à base de pisciculture et de jardinage auraient subi l’annihilation aux mains de rivaux agriculteurs ou pastoraux militaristes.
Le village le plus ancien découvert en Europe est Provadia en Bulgarie, datant d’entre 4.700 et 4.200 de l’AEC. Ses 350 habitants y entretenaient une bouilloire à sel, ce qui leur valut une cache d’or. Ils se sont protégés derrière un mur de périmètre en pierre haut de trois mètres et de 1,8 mètres d’épaisseur. La richesse et l’insécurité relative ont été de tenaces compagnons dans l’histoire.
Dans une creuse à Buthiers-Boulancourt, au sud de Paris, on a découvert un squelette datant de 4.900 AEC. Son avant-bras fut amputé chirurgicalement et le patient survécut pour au moins quelques mois. L’absence de traces d’infection corporelle indique que l’opération eut lieu sur un champ stérile, figurant l’emploie de quelque sorte d’anesthésie. http://www.theepochtimes.com/n2/content/view/38229/
Aux alentours de Varna en Bulgarie, une civilisation dite « d’ancienne Europe » a évolué, depuis 5.000 AEC, tout un commerce de cuivre qu’elle purifia à grande chaleur et exporta jusque la Volga, de bijouterie de coquilles Spondylidés importées depuis la mer Égée, et d’autres arts et métiers remarquables. Si tu souscris à l’avis dégénéré que des sociétés hiérarchiques sont supérieures à celles égalitaires (sauf du point de vue militaire) celle-là aurait déjà franchi ce palier.
Arslantepe (Porte du Lion, en turque) fut fondée environ 4.250 AEC. En 4.000 AEC, un grand temple y fut bâti, s’occupant de l’entretien et la distribution de vivres. Des céréales étaient déjà cultivées en Anatolie depuis trois mille ans, et en Palestine au moins mille ans avant. Arslantepe serait abandonné environ 610 AEC, lors de l’effondrement de l’empire assyrien.
Les premières traces humaines au nouveau monde peuvent dater de 15.000 jusqu’à 200.000 ans. http://www.humanjourney.us/america.html
La première civilisation américaine dont nous retenons des indices date d’environ 5.000 années, donc de 3.000 AEC. Le plus récent « premier » site de la civilisation urbaine est supposé être Caral, à deux cents kilomètres au nord de Lima. Sa creuse a révélé de l’architecture monumentale et de l’agriculture irriguée datant de 2.627 AEC (donc les contemporains d’équivalents égyptiens.) Le site de Norte Chico a été déterré sur le plateau péruvien ; il dura 1.200 ans, avant que ses gens n’aient déménagé au Nord et au Sud dans des vallées plus spacieux vers l’intérieur et ne se soient transformés de la pêche et du jardinage à la cultive plus intensive du maïs. http://www.newscientist.com/article.ns?id=dn6829.
La première documentation reconnue débuta avec un calendrier égyptien qui date (littéralement) de 4.241 AEC. Les textes védiques indo-aryens ont pu être beaucoup plus âgés, étant donné des anciennes observations astronomiques qu’on y trouve. Ces Védas furent transmis à travers des milliers d'années d'analphabétisme absolu par récitation à l’orale miraculeusement libre d’erreur. Des textes védiques intégraux ont disparu en transit, sans doute parmi les plus paisibles.
L'Égypte s’unifia pour la première fois aux environs de 3.100 AEC. Protégé par les spacieux vides du désert, les proto Égyptiens ont enduré de nombreuses guerres civiles y compris une lacune de sept cents ans, recensée en frissons « l’anarchie. » Enfin, son pouvoir national s’est consolidé le long de l’étroit bord d'inondation du Nil.
Dans cette bordure, la construction d’enclaves urbaines fut formellement interdite en faveur exclusive d’élevages. Nous verrons si les Égyptiens regrettent, dans l’avenir, d’avoir désobéi à une ordonnance si stricte.
L'Égypte a été la victime de maintes razzias ; envahie et occupée puis libérée des Nubiens et leurs alliés du Nord, les Hyksos, de 1.800 à 1.600 AEC ; des gens de la mer, de 1.200-1.170 AEC ; des Philistins et des Éthiopiens en 730 AEC ; puis des Assyriens et Libyens en 671 AEC. Environ 661 AEC, ces Assyriens sont parvenus à saisir Thèbes, la capitale égyptienne depuis 2.100 AEC, avec son temple géant d'Ammon. En 605 AEC, Babylone refoula les armées égyptiennes de Syrie et Palestine.
À l'époque, dans les restes d’anciennes villes dont nous sachons « lire » rien n'existait que des palais, casernes, taudis/ateliers et bazars. Pendant des millénaires, le temple local servit comme banque, hôtel de monnaie, monastère, chiromancie, géomancie, bureau de poste, entrepôt, grossiste, hôtel, bordel, musée, bibliothèque, maison d'édition, agence publicitaire, bureau de journal, station radio, cathédrale, théâtre, casino, maison d’hébergement, observatoire, hôpital, université, et sans doute d’autres fonctions oubliées depuis. Si tu appréciais la curiosité, l’imagination et la camaraderie, la prêtrise était le seul jeu en ville, en dépit de ses tendances encastrées de réaction.
Quel aurait été le taux d'usure d’anciennes archives égyptiennes ? Imagine la facilité avec laquelle ont dû disparaître, le long de centenaires sans loi, des voûtes remplies de papyrus et d'argiles comprimées. De la poussière transformée en argile ; puis passée au feu, au sang et à l’inondation ; pour en revenir à la poussière.
L’ultime bibliothèque égyptienne gît en toute probabilité intacte et non reconnue sous le lit du Nil à la hauteur des pyramides de Gizeh. Son emplacement serait indiqué, de façon énigmatique, par une géométrie correspondante entre ces pyramides et les étoiles de la constellation Orion. Dans ce cas, le Nil prendrait la place de la voie lactée. Sa disposition, noyée et scellée sous les fleuves du Nil, serait marquée par la plus brillante étoile dans l’intersection de cette voie et cette constellation comme orientée au temps de la construction des derniers de ces monuments, et représentée par aucun autre monument reconnaissable. Sinon là où il serait le moins inconvénient de détourner le Nil en amont d’un passage correspondant à une autre maison astrologique. Aucun responsable ne semble s’en intéresser. Pas nécessairement une mauvaise chose, étant donne la prédominance contemporaine de pilleurs de tombe.
Des ardoises d’argile se sont transformées en céramique indestructible quand des palais impériaux furent incendiés avec leurs bibliothèques annexes. Il ne reste que quelques petits problèmes : découvrir ces collections et les déchiffrer. Oublis vite des archives de parchemins, vélins, papiers et papyrus ; n’importe quel environnement moins stérile qu’un désert de sel les aurait mises à pourrir.
Pense à ces papiers et parchemins
éphémères. Furent-ils tracés à l’ongle
avec des marques cunéiformes sur des feuilles fraîches cueillies d'arbres aux
feuilles géantes poussant au bord d’avenues majestueuses ? Voici comment j'imagine qu’ils ont pu s’en
sortir s’il n’y avait rien d’autre auquel appeler que la nature et des
technologies de base. Un document ainsi
copié ne serait à présent que de la paille, et toutes les archives de tels,
remplies de terreau illisible.
Suit une liste, interminable mais inachevée, de villes détruites, documents disparus et civilisations égorgées. Je n’ai pas eu la force de la traduire dans son entièreté, cette liste, ni n’aurais-tu probablement eu l’intérêt de la parcourir dans son ensemble. Consulte plutôt une bonne histoire du monde afin de t’en instruire, si tu ne t’en ais pas encore fait une bonne idée. Sinon, apprends l’anglais afin de lire la mienne. Je ne traduirai que les portions suivantes, m'étant le plus intéressantes.
…
La civilisation Minoenne émergea sur l'île de Crète environ 2.000 AEC. Ses structures en combinaison palais, temple et centre de commissariat et de civisme furent reconstruites en 1.700 AEC, après leur destruction en raison d’une série de tremblements de terre, révoltes et pillages. L’Age d'or minoen dura jusqu’en 1.450 AEC : la date de l'explosion du volcan avoisinant, Théra, qui parvient annihiler des sociétés établies sur Théra, Crète et qui sait ailleurs dans la Mer Égéenne et plus loin ?
La culture de Théra aurait pu briller plus vive que celle de Minos, ainsi que le fait St Petersbourg vis-à-vis le vieux Moscou étouffant. Théra aurait pu être une base militaire et un port naval consacré à la protection de l'île de Crète démilitarisée et idyllique, comme Pearl Harbor sert les autres îles enchantées d’Hawaii.
De toute façon, cette éruption projeta une puissante vague de marée sur les rives de la Mer Égéenne, perturba la saison des croissances avec des chutes de cendre d’un mètre d’épaisseur, et détruit en toute probabilité l’ensemble des flottilles en port et à la plage. Des envahisseurs opportunistes (les Mycéniens ?) ont talonné ce désastre, parvenant à éteindre ce flambeau de la civilisation.
Pendant leurs beaux jours, les Minoens se sont civilisés au moyen de la redistribution, par le culte de la déesse, de produits forestiers, faunes de montagne, pêches abondantes, cultives fertiles et arts de maître. Des plantages d’oliviers se sont épanouies sur Crète depuis au moins 3.500 AEC. (Selon de nouvelles traces archéologiques, les Arméniens ont pu être les originaires de la viniculture.) Peu de fortifications insignifiantes y ont été trouvées, ni aucun port fortifié, mur de ville, inscription militariste ni de royauté.
Des fresques et tessons de pots Minoens affichent un naturalisme fantasque. Cela, puis leur prédilection pour l’ocre rouge et le noir du charbon nous rapportent devant le meilleur art néolithique. Des boucles en bronze enserraient la taille de guêpe des jeunes gens, et leur mode de couture découvrit la poitrine de jeunes femmes. Nonobstant mon égard pour Ursula K. Le Guin, je salue une culture assez allègre et bien retenue pour permettre ce rapport de mode sans perturber la paix. C’est à imaginer, le tumulte qu’une telle indulgence induirait dans nos sociétés « modernes » et barbares !
De l'eau propre fut canalisée dans toutes les maisons (même de l'eau chauffée) ; des eaux d’égout, écoulées au loin. Les salles furent de taille et de qualité égale à travers la population : une autre habitude paisible plus permise depuis.
Des taureaux sont représentés jetant en l'air, entre leurs cornes et épaules énormes, des danseurs/acrobates de culte. On a spéculé que cette cérémonie dépeignait une confrontation rituelle, suicidaire et pratiquement impossible. Un taureau au combat ne soulève pas ses cornes du ras en haut, comme un conducteur de bouteur soulèverait sa lame. Au lieu fouette-t-il les organes vitaux de sa victime, à la diagonale et d’en dessous, comme le ferait un bagarreur astucieux au couteau.
Il serait plus probable que des enfants destinés à ce sacerdoce furent encouragés à élever des veaux prisés en tant que bêtes de compagnie. Ils ont dû s’exercer avec eux afin de récréer cette danse sacrée, ainsi que des enfants villageois en Asie gambadent avec leur buffle d'eau dans l'étang de canard villageois. Des étrangers (notamment des occidentaux puant de la graisse de rognon) encourent le risque d’une attaque sournoise de la part de ces mêmes bêtes dociles.
Certains postulent que la civilisation crétoise n’aurait été qu’un article truqué. Aurait-elle pu gérer une géante place de mausolée marchandée à travers la Méditerranée comme un paradis funèbre pour des momies ? En vue de riches investisseurs défunts : Club Mortalité ? Tout ce bel art aurait pu viser à stupéfier ses spectateurs (dans ce cas, nous) autant bien qu’attirer d’outre-mer des cadavres embaumés de gros esclavagistes.
Rien de déchiffrable ne reste de l’acquis écrit des Minoens, que des restes de registres de comptabilité. L’élégance vibrante de son art nous étonne ; sa prose et poésie ont dû garder le pas. Quel dommage que rien ne reste d’elles que l’on puisse déchiffrer !
Il se pourrait, comme le suggère Graham Hancock dans Underworld: The Mysterious Origins of Civilization, L'abîme : Les origines mystérieuses de la civilisation, (Crow Publishers, New York, 2002) que l’expression artistique ou religieuse fut circonscrite par la loi et les mœurs, aux présentations à l’orale et aux mnémotechniques fastidieuses, et que le mot écrit ne fut utile que pour les trifouilles du profit : inventaires, calendriers et de telles technicités ou bêtises sordides.
Certains présument que les Peuples de la mer, sinon les Philistins, ont pu être les évacués de Minos d’après ce désastre. L'historien de la Grèce antique, Hérodote, cet avide pourvoyeur de superstitions, (The History of Herodotus, de Tudor Publishing Company, 1943, Dial Press, Inc., 1928, George Rawlinson, traducteur, Manuel Komroff, éditeur) attribut une origine minoenne aux Spartiates : ces vulgaires techniciens d'armes. Bien que moi aussi, j’aime transmettre les soi-disant superstitions : elles sont divertissantes.
D'autres postulent que la civilisation crétoise fut le dernier avant-poste des Atlantides mythiques, occupant Théra et d'autres îles et rives à présent effacées.
Platon, citant son mentor, Solon : un homme d’État et un philosophe naturel renommé pour sa probité, affirma que cette civilisation revenait de dix mille ans en arrière de son temps. Solon l’apprit d’historiens-prêtres en Égypte. Des historiens modernes affirment que ces Égyptiens furent plutôt nébuleux quant à ce qu’ils comptaient comme mille ou dix mille ans. Je pressens qu’ils parlaient sérieusement de dix milles années précédentes.
Ce serait bien notre veine : une des civilisations les plus brillantes dans la mémoire humaine, planqué au point zéro d’une catastrophe planétaire.
Simcha Jacobovici est le réalisateur d’un film documentaire de génie : The Exodus Decoded (l’Exode déchiffré) dans lequel il fusionne les Hyksos et les Juifs en un seul peuple historique ; les dix fléaux d’Égypte et la noyade de l’armée égyptienne, lors de l’Exode, des suites de l’explosion de Santorin. Voir http://www.amazon.com/Exodus-Decoded-History-Channel/dp/B000HOJR8A.
Le mythe d'Atlantide gagne créance en raison des saisissantes similitudes partagées par des civilisations transocéaniques : leurs effigies sculptées comportant des traits raciaux distinctement exotiques, des ressemblances quant à leurs objets façonnés pour le commerce, dispositions culturelles et architecture semblablement monumentale.
Le fameux historien, Fernand Braudel, a remarqué que tous les sites originaires de l’agriculture organisée dans le bassin de la méditerranée furent établis aux élévations de 600 à 900 mètres par-dessus le niveau de la mer (Fernand Braudel, Les Mémoires de la Méditerranée : Préhistoire and Antiquité, Editions de Fallois, Paris, 1998.) Ces sites ont-ils survécu une série de super tsunamis qui auraient effacé la civilisation préhistorique en contrebas ?
Les Mycéniens ravageurs n’ont pas duré pour beaucoup plus longtemps que leurs victimes à Minos. Dès l’an 1.200 AEC et par la suite, de plus en plus de leurs palais se sont fait incendier et des fortifications monstrueuses ont pris leur place. L’artisanat local, au mieux médiocre, est devenu rare et effiloché. L’archéologie indique qu'une brutalité traumatique a éteint 90% de la population : un rapport incroyable, dénotant le génocide interne méthodique. Quel effroyable site d’accouchement pour la civilisation d’Homère et de Platon !
Nota : voici la terminaison de mon effort à traduire ce texte effarant. Je tenterai de m’y remettre quand j’en retrouverai les forces. Je te prie entre temps de te remettre au chapitre suivant, le lien auquel se trouve en bas de cette page.
ADDENDA : Un mardi noir, le 15 avril 2003, la bibliothèque nationale d'Irak, son musée national et sa bibliothèque islamique furent pillés, vandalisés et brûlés par des émeutiers insoumis et des experts pilleurs de tombe. Pour la millième fois, le monde a dû soutenir une terrible nouvelle lobotomie.
Dis-moi, est-ce vraiment le 21e siècle au cours duquel je dois purger ma peine ? Sinon le monstre Hulagu demeure-t-il toujours seul au pouvoir ? En effet, nous, les Américains, nous sommes confirmés comme un phénomène historique aussi néfaste que les Talibans. Eux n'ont rien su faire de mieux qu’exploser deux statuts géants de Bouddha dans la vallée de Bamian. On m’apprend que le responsable de ce scandale s’est fait élire au nouveau parlement afghan. Qu’il étouffe de son pouvoir récolté au canon de fusil !
Cent ans dans l’avenir, quand presque tout le monde aura oublié Saddam Hussein, on se souviendra de Bush le Moindre comme ce rustre d'Américain qui surveilla l'annihilation des collections inestimables de Bagdad. Dans mille ans, voici peut-être la seule chose dont sera reconnu l’empire transitoire américain. Combien durement ces nains mentaux auront à chuter !
Il n’y a que des Texans et leurs copains d’avidité commensurable qui sécuriseraient le ministère du pétrole irakien mais non sa bibliothèque, ni celle islamique ni son musée national. Leurs maîtresses d’école ne leur ont pas enseigné l’archéologie mésopotamienne comme l’ont fait les miennes, en toute révérence. Le commandement central des USA fut prévenu à maintes reprises. Il n'en prit pas la moindre précaution. Barbares incultes…
Quant aux Marines américains, quelque chef de section de première souche aurait dû saisir ce que ses supérieurs, du président jusqu’au moindre commandant de compagnie, furent trop stupides, ignorants et fainéants pour s’en rendre compte. Cette sorte de prise d'initiative, c’est la raison qu’on paye des bons officiers : afin qu’ils plantent des postes de garde autour d'installations imprévues mais vitales. Il aurait dû mettre à l’arrêt quiconque ait touché à ces collections sacrées, et ses supérieurs, le soutenir de réflexe.
Il l’aurait tenté peut-être ; qui sait ? L'histoire est le premier amour d’un bon soldat. Aucune personne éprise de l’histoire n'aurait autorisé un tel outrage sans protester. Mais il a dû envoyer sa demande vers le haut de la chaîne de commandement, et durant sa montée, elle a dû figurer devant le lien le plus stupide de cette chaîne (peut-être celui culminant dans la Maison Blanche ?) Quelque gradé surmené d’état-major, comptant assidûment ses escouades disponibles contre les blocs carrés de Bagdad qu’ils devaient garder, a-t-il simplifié sa carrière nulle en renvoyant un rédigé brusque ? « Négatif. Ne faites rien de tel. » Ne fut-il qu’un autre mercenaire de l'initiative des collecteurs avides arrachant ces objets et satisfaisant ainsi la convoitise de leurs patrons politiques ?
Dans l'un ou l'autre cas, s'il y a une différence entre l’irrésistible puissance de feu et la sagesse victorieuse, les Américains ne l'ont pas encore pigée.
Voici un nouvel avilissement pour les Marines américains. Laisser disparaître les collections antiques de Bagdad pendant leur tour de garde, s’aurait été aussi immonde que de s’enfuir en déroute de la ligne des canons pendant la première bataille de Bull Run et d’ainsi valoir à l'armée de l’union un autre quatrain d’années de massacres ; sinon permettre à leur caserne centrale à Beyrouth d’être bombardé par camion piégé sans bagarre sérieuse, bien après que des cibles semblables aient été annihilées de la même manière dans la même ville.
L'Amérique doit apprendre, avec autant de langueur que de peine, ce que chaque empire d’autant stupéfié par l’histoire a dû apprendre pendant son acheminement de rouleau caboteur : développement, conquête, stagnation puis annihilation, juste avant que ses victimes alliées ne lui aient démonté pour de bon tout ce qu’il eut chéri.
Comme un homicide accidentel au cours d’une autre infraction, la stupidité, la mauvaise gérance et l’ignorance culturelle n'excusent en aucune manière les conséquences inattendues de nos pires impulsions. L'histoire ne se soucie guère combien Texan, Republican, corporatifs et autrement ineptes et insensibles nos chefs se rendent, ni notre sottise collective pour les avoir autorisés, sauf afin d’accélérer leur ultime défaite.
L'Amérique et l'Australie ont le luxe de dominer leur continent sans rival militaire digne de ce nom, contrairement aux pays de partage continental ; ils peuvent donc s’enfouir chez eux et y demeurer aussi provinciaux, fermés d’esprit et chauvins qu’ils le souhaitent.
Ces Américains peuvent mal éduquer leurs enfants jusqu'à ce que nos étudiants d’université ne sachent pas ce qu’un enfant de douze ans connait par cœur outre-mer ; les plus méphitiques de nos gros riches, envoyer des mercenaires à l’étranger pour ratisser le monde et en arracher sa trésorerie, verrouillée ou pas, avec impunité relative.
Pourtant, dès que nous nous hasardons hardiment et une fois pour toutes au large de ce grand monde bien affreux, l'incompétence permissive nous devient un handicap fatal, nous apportant des conséquences d’une gravitée au-delà de celles qui nous embarrassent en public, trahissant simplement notre fadaise collective.
Américains, soyez prévenus ! Comme un enfant gâté lors d’une crise de colère, nous avons cassé la vase irremplaçable d’une boutique de porcelaine. On nous a déjà pas mal raclés, une fois (l’onze/neuf) ; la prochaine instance pourrait nous laisser en lambeaux. Voila l’aboutissement de tous nos prédécesseurs sur ce chemin lumineux à la primauté impériale, ici-bas sur la terre en armes.
Nous rendrions meilleur service en
établissant le monde paisible pendant notre tour de garde : répondant
mieux aux intérêts, aux forces et aux limitations des USA tout d’abord, et à ceux
du monde entier ensuite.
ENSUITE TABLE DES MATIERES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix